Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont engagé mardi 15 septembre 2026, à Ouagadougou, des travaux pour renforcer leur coopération dans les zones frontalières. Les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) travaillent sur deux instruments destinés à améliorer la coordination entre leurs territoires.
Les discussions portent sur un protocole additionnel au traité instituant la Confédération des États du Sahel, consacré à la coopération transfrontalière. Elles concernent également un projet de décision visant à créer un cadre permanent de concertation entre les autorités administratives des régions frontalières.
Au Burkina Faso, le ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a présidé l’ouverture des travaux au nom du Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
Le futur dispositif doit offrir aux gouverneurs des régions frontalières un espace commun pour échanger et coordonner leurs actions. La sécurisation des frontières, la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière ainsi que la gestion des ressources naturelles partagées figurent parmi les principaux enjeux identifiés.
Le mécanisme doit aussi faciliter la circulation des personnes et des biens et soutenir les échanges commerciaux entre les territoires situés de part et d’autre des frontières.
Au Mali, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, a insisté sur le rôle des frontières dans les relations entre les populations des trois pays. Il a notamment évoqué les liens sociaux, culturels, économiques et familiaux qui unissent les communautés frontalières.
Le responsable malien a indiqué que le protocole devait contribuer à mieux organiser les relations entre les administrations et les collectivités locales dans plusieurs domaines, dont le commerce, la mobilité, la gestion des ressources naturelles et la prévention des conflits.
Le Niger a, pour sa part, mis l’accent sur la sécurité. Le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, Ayouba Abdourahmane, a appelé à une approche coordonnée face aux menaces qui affectent les zones frontalières.
Le cadre envisagé doit notamment faciliter le partage de renseignements, la surveillance des frontières et la coordination des opérations. Il doit également prendre en compte les enjeux économiques et sociaux des populations vivant dans ces territoires.
Les deux instruments juridiques en discussion doivent ainsi établir un cadre commun pour la coopération transfrontalière entre les trois pays de l’AES. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont créé la Confédération des États du Sahel en juillet 2024, après leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).



