Climat : l’OMS identifie six mesures pour éviter 1,56 million de décès par an

La mise en œuvre à l’échelle mondiale de six mesures de protection sanitaire et environnementale pourrait permettre d’éviter environ 1,56 million de décès chaque année. C’est l’une des principales conclusions d’une étude publiée mercredi 4 novembre 2026 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), quelques jours avant la COP31 prévue à Antalya, en Turquie.

Les mesures proposées portent notamment sur la mise en place de systèmes d’alerte sanitaire face aux fortes chaleurs, le renforcement de l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement, l’amélioration de l’hygiène des mains, l’utilisation de sources d’énergie domestique moins polluantes et une tarification plus efficace des combustibles fossiles.

Selon les estimations de l’organisation, ces six interventions pourraient également permettre d’éviter chaque année 16,67 milliards de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre en équivalent CO₂. Elles pourraient générer près de 4 000 milliards de dollars de bénéfices économiques liés notamment à l’amélioration de la santé, à la prévention des catastrophes et à la réduction des dépenses de soins. Les retombées budgétaires pourraient atteindre 5 440 milliards de dollars.

Parmi les dispositifs étudiés, les systèmes d’alerte sanitaire liés aux fortes chaleurs présentent le meilleur rapport entre les investissements et les bénéfices. L’OMS estime que chaque dollar investi dans ces systèmes pourrait rapporter 836 dollars.

Les politiques de tarification des combustibles fossiles concentreraient, à elles seules, une part importante des bénéfices attendus. Elles pourraient contribuer à éviter 1,2 million de décès par an et représenteraient 98 % des réductions d’émissions estimées dans l’étude.

Intitulé autour des bénéfices des interventions climatiques pour la santé, le rapport s’appuie sur des projections réalisées dans 187 pays sur la période 2024-2075. L’organisation reconnaît certaines limites liées aux scénarios retenus, au manque de données et aux incertitudes propres aux projections à long terme.

« Le monde doit identifier, prioriser et mettre en œuvre des solutions permettant de prévenir les pertes en vies humaines et de protéger les communautés contre les préjudices liés au climat », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Il estime que les solutions proposées existent déjà et peuvent être déployées à grande échelle.

L’organisation souligne que les pays à revenu faible ou intermédiaire pourraient tirer des bénéfices proportionnellement plus importants de ces interventions que les pays riches. Elle appelle donc les gouvernements à intégrer davantage les enjeux sanitaires dans leurs politiques climatiques et à accélérer les investissements dans les mesures déjà éprouvées.

Dans cette perspective, Tedros Adhanom Ghebreyesus doit participer à la COP31 à Antalya afin d’encourager les États à accorder une place centrale à la santé dans les négociations climatiques.

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