« Le jour est venu pour moi de rendre le numéro 7 de l’équipe nationale. Je n’ai jamais ressenti qu’il ne m’appartenait qu’à moi. Mais pendant 23 ans, j’ai eu le privilège et la responsabilité de le porter, le défendre et l’emporter avec moi dans les stades autour du monde. « Aujourd’hui, le moment est venu de le transmettre à l’avenir. » Comme un symbole, ce numéro 7 a toujours résonné comme étant le sien. Héritier de Luís Figo, CR7 passe désormais le flambeau à Rafael Leão.
« Ce n’était pas une décision facile, car certaines décisions ne se prennent pas uniquement avec la tête, elles se prennent aussi avec le cœur. Un parcours commencé en août 2003 s’achève, un parcours qui a changé ma vie à jamais. Lorsque je regarde en arrière et que je repense à tout ce que j’ai vécu avec la sélection, je ne vois pas seulement des matchs, des buts, des records ou des trophées. Je vois des personnes. Je vois des immigrés qui, pendant 90 minutes, se sentaient un peu plus proches du Portugal. Je vois des millions de Portugais que je n’ai jamais rencontrés personnellement, mais qui ont fait partie de ma vie.
Car au final, le football est bien plus qu’un simple jeu. Le football, ce sont les gens. Tout au long de ma carrière en sélection, j’ai toujours cherché à repousser mes limites. Je voulais gagner, je voulais être le meilleur, je voulais marquer l’histoire. J’ai toujours été exigeant envers moi-même. J’ai toujours voulu davantage, j’ai toujours cru que nous pouvions aller encore plus loin. Et j’ai tout donné pour ce maillot.
(…) Je n’ai jamais cessé d’être fier de représenter le Portugal. Au fil de ces années, j’ai appris des choses très simples. Les buts passent, les trophées restent dans les musées, les records finissent toujours par être battus. Mais il y a quelque chose que le temps ne pourra jamais effacer : la place que nous occupons dans le cœur des gens. Si je vous ai déjà rendu heureux, si l’un de mes buts vous a déjà fait prendre quelqu’un dans vos bras, oublier un souci ou ressentir de la fierté pour notre pays, alors tout cela en valait la peine.
(…) À tous les entraîneurs, dirigeants, médecins, kinésithérapeutes, intendants, employés et à toutes les personnes qui ont travaillé à mes côtés au fil de ces années, je vous adresse mes remerciements. Beaucoup d’entre vous n’apparaissent jamais sur les photos. Mais sans vous, aucune de ces photos n’aurait été possible. À ma famille, merci d’avoir partagé ce rêve avec moi. Merci d’avoir compris mes absences, les sacrifices et les moments où la sélection a dû occuper une place qui vous appartenait également. Si je suis allé aussi loin, c’est parce que nous avons toujours avancé main dans la main. Et à vous, les Portugais, à tous les Portugais dispersés aux quatre coins du monde, je souhaite dire une dernière chose. Il y a une image que je garderai toujours avec moi. Le moment où retentit l’hymne national. Je regarde autour de moi, je vois mes coéquipiers, je vois les tribunes, je vois des enfants, des mères, des pères et des grands-parents, je vois des Portugais qui ont parcouru tant de kilomètres simplement pour être là. Et pendant ces quelques minutes, nous cessons d’être différents. Il n’y a plus de clubs, il n’y a plus de couleurs, il n’y a plus de classes sociales, il n’y a plus de professions, il n’y a plus d’opinions. Il n’existe qu’une seule passion. Le Portugal.
(…) Aujourd’hui, je comprends que ma plus grande victoire a été d’avoir eu le mérite de représenter le meilleur pays du monde. Merci pour ces 23 années. Merci d’avoir cru en moi. Merci de m’avoir permis de vivre un rêve qui a commencé lorsque je n’étais encore qu’un enfant, à Madère, courant derrière un ballon. Le maillot numéro 7 reste. La fierté de l’avoir porté m’appartiendra pour toujours. Le Portugal sera toujours en moi. À jamais. Cristiano Ronaldo. »



