OpenAI affirme avoir résolu le problème de Navier-Stokes en 88 heures

OpenAI affirme avoir franchi une étape majeure dans la recherche mathématique grâce à l’intelligence artificielle. L’entreprise a annoncé mardi 8 septembre 2026 qu’un de ses modèles avait trouvé une solution à l’équation de Navier-Stokes en seulement 88 heures. Cette annonce suscite toutefois des interrogations sur l’origine de la méthode utilisée.

L’équation de Navier-Stokes décrit le mouvement des fluides, notamment des liquides et des gaz, ainsi que leur évolution dans le temps. Elle joue un rôle dans plusieurs domaines scientifiques et techniques, notamment la prévision météorologique et la conception aéronautique.

Les travaux à l’origine de cette équation remontent à 1822 avec le mathématicien et ingénieur français Henri Navier. Le physicien et mathématicien George Gabriel Stokes a ensuite contribué à sa formulation définitive en 1845.

En 2000, le Clay Mathematics Institute a classé le problème de Navier-Stokes parmi les sept grands problèmes mathématiques du millénaire. Une récompense d’un million de dollars est prévue pour une résolution complète de chacun de ces problèmes.

Selon OpenAI, le modèle utilisé pour cette avancée dispose de capacités nettement supérieures à celles de GPT-6 Astra, présenté comme le dernier modèle de l’entreprise. Plus de 10 000 agents d’intelligence artificielle auraient travaillé ensemble sur le problème. Le système aurait aussi produit plus de 130 milliards de tokens au cours du processus.

Mark Chen, responsable de la recherche chez OpenAI, a indiqué que les ressources informatiques mobilisées avaient coûté plusieurs millions de dollars. Il présente cette expérience comme une étape importante pour la recherche en intelligence artificielle et estime qu’elle pourrait ouvrir la voie à la résolution d’autres problèmes scientifiques complexes.

Mais l’annonce a rapidement suscité une controverse. Quelques heures avant la communication d’OpenAI, le mathématicien australien Tristan Buckmaster avait évoqué des similitudes entre la méthode utilisée par l’entreprise et ses propres travaux.

Avec le chercheur Levent Alpöge, employé chez Anthropic, Buckmaster avait développé une approche fondée sur des hypothèses différentes de celles retenues par la majorité des chercheurs qui travaillent sur Navier-Stokes.

Le mathématicien estime que le modèle d’OpenAI aurait suivi une piste proche de la leur. Il a donc demandé à l’entreprise si les données liées à son travail avaient servi à entraîner le modèle.

Sébastien Bubeck, chercheur chez OpenAI, a rejeté cette hypothèse. Il a assuré que les prompts et les résultats des deux chercheurs n’avaient pas servi à orienter les modèles ou les agents utilisés pour cette recherche.

L’annonce ouvre ainsi un nouveau débat sur les capacités des modèles d’IA dans la recherche scientifique, mais aussi sur la traçabilité des méthodes et des données qui contribuent à leurs découvertes.

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