Québec : le cardinal Marc Ouellet obtient 100 000 dollars dans un procès en diffamation

La Cour supérieure du Québec a donné raison au cardinal Marc Ouellet dans le procès en diffamation qui l’opposait à Paméla Groleau, qui l’avait accusé d’agression sexuelle. Dans une décision rendue lundi 31 août 2026, le juge Martin Castonguay a conclu que les accusations portées contre le prélat n’étaient pas fondées et a condamné son accusatrice à lui verser 100 000 dollars canadiens.

L’affaire trouve son origine en 2022, lorsque le nom de Marc Ouellet est apparu dans une action collective visant l’archidiocèse de Québec au sujet d’allégations d’abus sexuels commis sur plusieurs décennies.

Paméla Groleau, ancienne agente laïque de pastorale, avait affirmé que le cardinal, alors archevêque de Québec, avait eu plusieurs comportements physiques non consentis à son égard entre 2008 et 2010. Elle avait notamment décrit un incident survenu en 2010, lors d’une cérémonie d’ordination sacerdotale, au cours duquel elle disait avoir subi un contact physique qu’elle considérait comme une agression sexuelle.

Marc Ouellet avait toujours rejeté ces accusations.

Le procès s’est tenu en mars 2026 à Montréal. Les débats ont notamment porté sur la cohérence et l’évolution du récit de Paméla Groleau. Au cours de son témoignage, elle a précisé que, parmi les trois épisodes initialement évoqués, seul celui de 2010 constituait, selon elle, une agression sexuelle. Elle avait présenté les autres événements comme des signes d’une évolution progressive du comportement du prélat.

Dans son jugement, le juge Martin Castonguay a examiné les différentes versions fournies par la plaignante et a remis en cause la fiabilité de son récit. Selon les comptes rendus de la presse canadienne, le magistrat a également estimé que son comportement avait atteint un niveau de témérité qu’il a associé à la malveillance.

Le cardinal avait expliqué devant le tribunal les conséquences de ces accusations sur sa réputation et sa vie personnelle. Il avait notamment évoqué des problèmes de sommeil, du stress, de la colère et un sentiment d’injustice. Il avait aussi dénoncé le fait que son nom soit apparu dans une procédure collective qui regroupait des allégations d’abus sexuels d’une particulière gravité.

L’affaire avait également fait l’objet d’un examen au Vatican. En 2022, le pape François avait confié une enquête préliminaire au jésuite Jacques Servais. En août de la même année, le Saint-Siège avait annoncé que les éléments examinés ne fournissaient pas de motifs suffisants pour ouvrir une enquête canonique pour agression sexuelle contre Marc Ouellet.

Le cardinal avait ensuite choisi de saisir la justice civile. En décembre 2022, il avait engagé une procédure en diffamation et réclamé 100 000 dollars canadiens en réparation du préjudice qu’il estimait avoir subi.

Lors du procès, il avait expliqué que sa démarche visait notamment à obtenir le rétablissement de son honneur et de son intégrité.

La somme accordée par la justice québécoise doit par ailleurs être destinée à des organisations engagées dans la lutte contre les abus sexuels subis par les populations autochtones du Canada, conformément à l’engagement pris par le cardinal avant le procès.

Cette décision judiciaire ne remet pas en cause l’existence des abus sexuels commis au sein de l’Église ni les souffrances des victimes. Elle établit toutefois, dans cette affaire précise, que les accusations portées contre Marc Ouellet n’ont pas été retenues par la justice québécoise.

Le jugement met ainsi fin à une procédure engagée près de quatre ans plus tôt par le cardinal pour défendre sa réputation.

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