Le Bénin a franchi une nouvelle étape dans la prise en charge des maladies cardiovasculaires. Une première coronarographie par voie fémorale a été réalisée vendredi 18 septembre 2026 au Centre hospitalier international de Calavi (CHIC). Invitée de l’émission « En termes faciles » de Radio Afrique Santé (RAS), lundi 21 septembre, Muriel Hans-Moevi Akué, infirmière diplômée d’État, a expliqué le principe de cet examen, ses indications, son déroulement ainsi que les précautions qui l’entourent.
La coronarographie est un examen d’imagerie médicale invasif qui permet d’observer directement les artères coronaires et de rechercher d’éventuelles anomalies. Selon Muriel Hans-Moevi Akué, le principe consiste à introduire un cathéter dans une artère afin de le faire progresser jusqu’au cœur. Un produit de contraste permet ensuite de visualiser les vaisseaux et de repérer notamment des rétrécissements ou des obstructions.
Deux voies d’abord peuvent être utilisées. La première, à l’en croire, passe par l’artère radiale, située au niveau du poignet. La seconde passe par l’artère fémorale, au niveau du pli de l’aine. C’est cette dernière voie qui a été utilisée pour la première coronarographie réalisée au CHIC.
D’après ses explications, l’examen intervient notamment dans l’exploration de certaines maladies cardiovasculaires. Il peut permettre d’identifier des rétrécissements des artères liés notamment à l’accumulation de plaques d’athérome. Ces dépôts peuvent réduire le passage du sang et affecter l’irrigation du cœur.
Avant la procédure, explique l’invitée de RAS, le spécialiste explique au patient les différentes étapes ainsi que les risques éventuels. Un consentement est recueilli. Le point d’entrée du cathéter fait ensuite l’objet d’une anesthésie locale. Le patient reste généralement conscient pendant l’intervention. Il peut communiquer avec l’équipe médicale et suivre, sur un écran, les images obtenues au cours de l’examen.
La durée de la coronarographie est généralement estimée à une trentaine ou une quarantaine de minutes, selon la situation, fait savoir Muriel Hans-Moevi Akué. Une surveillance est ensuite mise en place afin de détecter d’éventuelles complications au niveau du point de ponction ou de la circulation sanguine.
La professionnelle de santé a également insisté sur les précautions prises avant l’examen. L’utilisation d’un produit de contraste impose notamment de vérifier l’existence d’une éventuelle allergie et d’évaluer la fonction rénale du patient. Un bilan préalable peut aussi rechercher d’éventuels troubles de la coagulation.
Comme toute procédure invasive, la coronarographie comporte des risques. Des complications peuvent notamment survenir au niveau de l’artère utilisée pour introduire le cathéter. Dans des situations plus graves, des complications rénales ou hémorragiques peuvent apparaître. L’invitée de RAS a toutefois précisé que les complications les plus graves restent rares.
Au-delà du diagnostic, la coronarographie peut aussi constituer une étape vers une intervention thérapeutique. Selon les résultats obtenus, certaines procédures de cardiologie interventionnelle peuvent permettre de traiter directement certaines lésions, notamment par la pose d’un stent dans une artère coronaire lorsque l’indication médicale est posée.
Selon l’hôte, cette évolution marque surtout une rupture avec la situation qui prévalait avant le démarrage de cette activité au Bénin. Certains patients nécessitant ce type de prise en charge devaient auparavant être évacués vers l’étranger. La réalisation de la coronarographie sur le territoire national peut donc réduire le recours systématique aux évacuations sanitaires pour les patients concernés, sous réserve des capacités techniques et médicales disponibles, selon elle…
Pour Muriel Hans-Moevi Akué, le développement de cette activité nécessite toutefois le renforcement du plateau technique et la formation de spécialistes capables de réaliser ces procédures. Elle a souligné que la cardiologie interventionnelle exige une formation spécifique, au-delà de la formation générale en cardiologie.
L’enjeu concerne aussi la prévention. L’infirmière diplômée d’État a rappelé plusieurs facteurs associés aux maladies cardiovasculaires, notamment l’hypertension artérielle, les troubles du cholestérol, certaines prédispositions familiales et une alimentation déséquilibrée. L’invitée de Rachelle Kpassassi, recommande une alimentation modérée, avec davantage de fruits et de légumes, une limitation des excès de sel et de graisses, ainsi qu’une activité physique régulière.
Elle a notamment cité la marche rapide quotidienne comme une habitude favorable à la santé cardiovasculaire. L’objectif, a-t-elle expliqué, est de prévenir autant que possible les facteurs susceptibles de favoriser les maladies cardiaques.
La première coronarographie réalisée au CHIC ouvre ainsi une nouvelle possibilité dans l’offre de soins cardiovasculaires au Bénin. Son développement dépendra toutefois de la disponibilité des équipements, des compétences spécialisées et de l’accessibilité de cette prise en charge aux patients.




