Les 100 premiers jours de la gouvernance de Romuald Wadagni suscitent déjà des analyses sur la méthode et les premières orientations du nouvel exécutif. Invité au journal parlé de 12h45 de Radio Sèdohoun ce jeudi dix septembre 2026, le philosophe et docteur en épistémologie Joachim Adjagbessi a livré son appréciation sur cette première période.
Selon l’universitaire, les premières observations révèlent une certaine continuité avec la gouvernance précédente. Il estime que l’actuel gouvernement s’inscrit dans une logique de gestion déjà engagée au cours des dernières années, sans rupture majeure dans la conduite de l’État.
Joachim Adjagbessi relève également ce qu’il considère comme un respect des engagements pris pendant la campagne électorale. Il estime que le président Romuald Wadagni a commencé à traduire certaines de ses promesses en actions depuis son arrivée au pouvoir.
Pour évaluer objectivement les résultats de cette première période, le philosophe préconise toutefois de s’appuyer sur des données quantifiables. Il estime notamment nécessaire de mesurer le nombre de personnes qui bénéficient réellement des décisions prises, en distinguant les catégories de la population et les secteurs concernés.
« Pour faire une analyse scientifique, nous aurons besoin de l’objectif du nombre de ceux qui bénéficient » des actions publiques, a-t-il expliqué. Une telle approche permettrait, selon lui, de comparer les résultats actuels avec ceux des politiques mises en œuvre par le passé.
Des premiers signes jugés encourageants
Le spécialiste de l’épistémologie reconnaît qu’il serait prématuré de considérer que toutes les attentes en matière de gouvernance sont déjà satisfaites. Trois mois ne suffisent pas, selon lui, pour dresser un bilan définitif.
Il estime néanmoins que certaines décisions constituent des signes encourageants et peuvent nourrir des attentes positives pour les prochains mois et les prochaines années.
Joachim Adjagbessi appelle aussi à ne pas écarter les critiques formulées par les opposants. Pour lui, la contradiction constitue une composante nécessaire de la démocratie, car elle permet au pouvoir de prendre connaissance de ses éventuelles erreurs et de difficultés qu’il ne perçoit pas toujours.
Les compétences ne dépendent pas du lieu de formation
L’universitaire s’est également prononcé sur les critiques concernant le parcours académique de plusieurs membres du gouvernement, dont certains ont étudié à l’étranger.
Il considère que le fait d’avoir étudié hors du Bénin ne doit pas constituer un critère pour apprécier la compétence d’un responsable public. De la même manière, il refuse l’idée selon laquelle les Béninois formés dans les universités nationales seraient moins aptes à participer à la gestion de l’État.
Pour lui, la réussite de l’action gouvernementale doit reposer sur les compétences disponibles au sein de la population béninoise, quel que soit le lieu où les personnes concernées ont effectué leurs études.
Interrogé enfin sur les critiques relatives à un éventuel populisme dans la manière de gouverner, Joachim Adjagbessi estime qu’il est encore trop tôt pour retenir cette qualification. Il observe toutefois une certaine proximité du président avec la population dans sa manière d’agir et de communiquer.
Au terme de son analyse, le philosophe formule une hypothèse positive sur la trajectoire de la gouvernance actuelle. Il considère que les premières orientations peuvent susciter de l’espoir, tout en rappelant que l’évaluation des résultats devra s’appuyer, avec le temps, sur des éléments objectifs et mesurables.



