L’Algérie a annoncé jeudi 10 septembre 2026 la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Alger justifie cette décision par la multiplication, selon elle, d’« agissements provocateurs ou hostiles » de la part d’Abou Dhabi, après plusieurs années de tensions entre les deux pays.
Le ministère algérien des Affaires étrangères a indiqué avoir épuisé les moyens diplomatiques destinés à préserver les relations bilatérales. L’ambassadeur des Émirats arabes unis à Alger a été convoqué et informé officiellement de la décision. Il dispose d’un délai de 48 heures pour quitter le territoire algérien.
Dans son communiqué, Alger affirme avoir fait preuve de retenue et avoir multiplié les mises en garde auprès des autorités émiraties. Le gouvernement algérien estime toutefois que certains comportements ont atteint un niveau devenu incompatible avec le maintien de relations diplomatiques.
Les tensions entre les deux pays se sont notamment cristallisées autour des évolutions géopolitiques au Sahel et du rôle attribué aux Émirats dans plusieurs dossiers régionaux. La proximité croissante entre Abou Dhabi et Rabat constitue également un élément du contexte. L’Algérie et le Maroc ont rompu leurs relations diplomatiques en août 2021.
Les relations algéro-émiraties avaient déjà connu une nouvelle dégradation en février 2026, lorsque l’Algérie avait engagé une procédure pour mettre fin à l’accord de services aériens conclu entre les deux pays en 2013.
Un autre dossier est venu alimenter les tensions. Selon des médias algériens, les autorités émiraties seraient intervenues dans le dossier de l’extradition depuis l’Espagne de l’homme d’affaires algérien Ayoub Aissiou. Cette intervention présumée aurait suscité le mécontentement d’Alger.
Le président Abdelmadjid Tebboune avait lui-même multiplié les critiques contre les Émirats avant l’annonce de la rupture. Fin juillet, il avait accusé Abou Dhabi de contribuer à l’instabilité dans certaines régions et avait laissé entendre qu’une rupture pouvait être envisagée.
Cette décision marque une nouvelle étape dans la dégradation des relations entre Alger et Abou Dhabi. Elle intervient alors que l’Algérie cherche à renforcer son influence diplomatique dans son environnement régional, notamment au Sahel.
La rupture avec les Émirats devient ainsi la deuxième rupture diplomatique de l’Algérie avec un pays arabe depuis 2021, après celle avec le Maroc.



