Le président turc Recep Tayyip Erdogan a assuré mercredi que la perspective d’une adhésion de la Türkiye à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ne remettrait pas en cause ses relations avec les pays occidentaux.
De retour du sommet de l’OCS organisé à Bichkek, au Kirghizistan, Erdogan a expliqué aux journalistes qui l’accompagnaient à bord de l’avion présidentiel qu’Ankara entendait poursuivre une politique étrangère diversifiée. Selon lui, cette orientation doit permettre à la Türkiye de renforcer son influence internationale grâce à une « vision à 360 degrés ».
Sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine, le président turc a indiqué que Vladimir Poutine et lui-même souhaitaient parvenir à une fin rapide du conflit par la voie de la paix. Il a également insisté sur la nécessité de préserver la sécurité du transport maritime civil en mer Noire.
Erdogan a par ailleurs alerté sur le risque d’une nouvelle crise céréalière, notamment en Afrique. Il a appelé à agir de manière préventive afin d’éviter une aggravation de la situation.
Sur le plan militaire, Ankara poursuit ses démarches en vue d’un retour au programme américain des avions de combat F-35. Erdogan a toutefois réaffirmé que son pays continuerait à développer ses propres équipements de défense, notamment le chasseur national KAAN et ses systèmes de défense aérienne.
Le chef de l’État turc s’est également exprimé sur les relations avec la Grèce. Il a demandé à Athènes de renoncer à l’armement des îles dont le statut prévoit la démilitarisation. Erdogan a assuré que la Türkiye ne cherchait pas à s’approprier le territoire d’un autre pays, tout en affirmant qu’elle défendrait ses droits.
Concernant le processus visant une « Türkiye sans terrorisme », Erdogan a déclaré qu’Ankara disposait d’une feuille de route et d’un calendrier propres. Il a toutefois souligné que la mise en œuvre du cadre législatif prévu dépendait notamment du désarmement et de la dissolution du PKK.
Le président turc a appelé à préserver l’unité nationale et à éviter toute dynamique susceptible de raviver les divisions liées au terrorisme. Il a présenté cette démarche sous le concept de « Consensus de la Grande Türkiye ».
La situation en Syrie a également figuré parmi les sujets abordés. Erdogan a réaffirmé son souhait de voir une Syrie unie et stable, estimant que cette unité constitue une condition importante pour le développement du pays et le renforcement de ses capacités.
Au sujet des Forces démocratiques syriennes (FDS), il a estimé que leur dissolution pourrait ouvrir « une nouvelle ère » pour la région. Erdogan a appelé à mettre fin à la violence et au recours aux armes, estimant que le terrorisme devait désormais appartenir au passé.



