L’Assemblée nationale du Nigeria a suspendu jusqu’à nouvel ordre les visites officielles de ses membres en Afrique du Sud. Elle a également décidé de boycotter les activités parlementaires organisées ou accueillies par les institutions législatives sud-africaines.
La décision a été prise par les dirigeants des deux chambres, sous la conduite du président du Sénat, Godswill Akpabio, et du président de la Chambre des représentants, Abbas Tajudeen.
Cette mesure intervient dans un contexte marqué par des signalements répétés d’attaques xénophobes, de violences et d’intimidations contre des Nigérians et d’autres ressortissants africains en Afrique du Sud. Le Parlement nigérian fait aussi état de destructions de commerces, de domiciles et d’autres biens.
La suspension concerne les visites officielles de l’Assemblée nationale, de ses commissions, de ses parlementaires, de ses responsables et de son personnel. Elle s’étend aux conférences, séminaires, ateliers, réunions et autres échanges parlementaires organisés ou parrainés par les autorités législatives sud-africaines.
La mesure s’applique aussi aux activités en ligne. Toute participation à ces rencontres devra désormais recevoir une autorisation préalable de la direction de l’Assemblée nationale. Les invitations et programmes déjà prévus devront également être réexaminés.
Le Parlement nigérian a demandé aux autorités sud-africaines de renforcer la protection des Nigérians et des autres ressortissants africains, d’enquêter sur les violences signalées et de poursuivre les personnes reconnues responsables.
Il a également invité les assemblées des États de la Fédération à prendre connaissance de cette décision et à envisager des mesures similaires.
L’Assemblée nationale a toutefois précisé que cette suspension ne remet pas en cause les relations historiques et diplomatiques entre le Nigeria et l’Afrique du Sud. Elle a réaffirmé son attachement à la coopération entre les deux pays, sous réserve du respect mutuel et de la protection des personnes et des biens.
La mesure restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Sa levée pourra être examinée selon l’évolution de la situation.
Selon les autorités nigérianes, 1 699 ressortissants nigérians avaient été rapatriés ou évacués d’Afrique du Sud à la date de septembre 2026. Le Ghana a également rapatrié 1 964 de ses ressortissants dans le cadre d’une opération lancée en mai sur fond de violences xénophobes.


