Iran : Amnesty International réclame des poursuites contre les responsables de la répression

Amnesty International demande l’ouverture de procédures judiciaires contre les responsables iraniens qu’elle accuse d’avoir participé à la répression des mouvements de contestation de ces dernières années. Dans un nouveau rapport, l’organisation estime que certains actes commis contre les manifestants pourraient constituer des crimes contre l’humanité.

L’ONG affirme avoir identifié 87 responsables présumés des exactions commises entre septembre et décembre 2022, dans le contexte du mouvement « Femme, Vie, Liberté ». Ses enquêteurs disent s’être appuyés sur des témoignages, des documents et des vidéos pour établir les responsabilités.

Les manifestations avaient éclaté après la mort de Mahsa Amini, une jeune Kurde de 22 ans arrêtée pour une affaire liée au port du voile. Amnesty affirme que les forces de sécurité ont fait usage d’armes à feu contre des manifestants et des passants non armés.

L’organisation dit également avoir recensé 377 victimes d’une politique qu’elle attribue aux plus hauts niveaux de l’État iranien. Selon son analyse, les opérations auraient reposé sur une chaîne de commandement impliquant des responsables ayant ordonné ou facilité les violences.

Amnesty International cite notamment l’ancien guide suprême Ali Khamenei parmi les responsables qu’elle met en cause. L’organisation considère que les juridictions iraniennes ne présentent pas les garanties nécessaires pour poursuivre les auteurs présumés.

Face à ces limites, Amnesty plaide pour la création d’une juridiction spéciale chargée de juger les crimes présumés. L’organisation évoque aussi la possibilité d’un tribunal ad hoc mis en place par plusieurs États et fondé sur le principe de compétence universelle.

Le rapport intervient dans un contexte marqué par de nouvelles tensions en Iran. Amnesty estime que les difficultés économiques et les conséquences de la guerre pourraient favoriser de nouvelles mobilisations populaires.

L’organisation critique par ailleurs les appels lancés par les États-Unis et Israël en faveur de nouvelles manifestations en Iran. Sa section canadienne-française considère ces prises de position comme une instrumentalisation de la situation iranienne et affirme que les actions militaires menées dans le conflit devraient elles aussi faire l’objet d’un examen au regard du droit international.

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