L’avenir des universités publiques françaises revient au cœur du débat politique et social. Plusieurs rapports récents proposent une hausse des frais d’inscription pour répondre aux difficultés financières des établissements, une perspective qui suscite une forte opposition dans le monde universitaire.
Une intersyndicale appelle à la mobilisation mardi 15 septembre à Paris ainsi que dans plusieurs villes et universités. Elle réclame des financements publics à la hauteur des besoins et dénonce le sous-financement chronique de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Le débat intervient dans un contexte de forte progression du nombre d’étudiants. Les universités comptaient environ 1,6 million d’inscrits en 2024, contre 1,3 million en 2001. Le nombre de places dans certaines filières n’a toutefois pas progressé au même rythme.
Selon France Universités, plus de la moitié des universités françaises étaient en déficit en 2025. Le gouvernement cherche donc de nouvelles sources de financement pour les établissements.
Un rapport commandé par le ministère de l’Enseignement supérieur et publié en juin recommande notamment d’augmenter les ressources propres des universités. Parmi les pistes avancées figure une multiplication par cinq des droits d’inscription, actuellement fixés à 178 euros pour une année de licence et à 254 euros pour une année de master.
Selon les auteurs du rapport, cette mesure pourrait permettre de dégager environ 1,5 milliard d’euros supplémentaires.
La proposition figure également dans les conclusions d’une commission d’enquête du Sénat consacrée à l’excellence académique, présidée par la sénatrice Laurence Garnier. Le rapport, publié le 9 septembre, recommande notamment de permettre aux universités de mieux sélectionner leurs étudiants et de déterminer leurs capacités d’accueil.
Cette orientation est contestée par les syndicats étudiants et les enseignants-chercheurs. Ils redoutent une remise en cause du modèle d’enseignement supérieur public et une sélection accrue par les ressources financières.
Le professeur de physique à l’université Paris-Cité Bruno Andreotti estime que la gratuité des études constitue un élément essentiel du projet démocratique. Il s’oppose également à une réduction du nombre d’étudiants accueillis dans les universités.
Le débat porte aussi sur l’orientation des bacheliers. La plateforme Parcoursup impose déjà une sélection dans certaines formations où le nombre de candidats dépasse les capacités d’accueil.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, souhaite pour sa part que le statut du baccalauréat et les conditions d’accès aux études supérieures soient abordés dans le débat de la prochaine campagne présidentielle.
Pour les organisations étudiantes, le choix relève avant tout d’une décision politique. La présidente de la Fage, Suzanne Nidjam, défend le maintien de l’université comme un service public accessible au plus grand nombre.
La question du modèle économique et social des universités françaises devrait ainsi occuper une place importante dans les prochains débats sur l’enseignement supérieur et la recherche.



