Le président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, a plaidé jeudi 10 septembre 2026 à Londres pour une meilleure prise en compte des besoins et des intérêts de l’Afrique dans le développement de l’énergie nucléaire. Invité d’honneur de la 51e édition du Symposium mondial du nucléaire, il a appelé à privilégier la préparation, les partenariats et l’accès aux financements.
Placée sous le thème « De l’ambition à l’action », la rencontre a réuni des acteurs du secteur nucléaire autour de la relance mondiale de cette source d’énergie. Pour Faure Gnassingbé, l’Afrique doit participer pleinement à cette dynamique, compte tenu de ses besoins en énergie, en industrialisation, en santé, dans le numérique et dans les infrastructures.
Le dirigeant togolais a estimé que les technologies nucléaires, notamment les petits réacteurs modulaires et les microréacteurs, pourraient répondre à certains besoins du continent. Il a toutefois insisté sur la nécessité de construire de véritables partenariats avec les pays africains plutôt que de se limiter au transfert de technologies.
« L’Afrique ne demande pas simplement une technologie. Elle demande un véritable partenariat », a-t-il déclaré.
Faure Gnassingbé a présenté le Togo comme un exemple de pays qui prépare progressivement son cadre national pour une utilisation pacifique et sûre des technologies nucléaires. Membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique depuis 2012, le pays a créé son Commissariat à l’énergie atomique en janvier 2025 et signé un nouveau cadre de coopération avec l’AIEA.
Le financement reste toutefois l’un des principaux obstacles au développement des projets nucléaires en Afrique. Le président du Conseil a souligné le coût élevé de ces infrastructures, leur durée de réalisation et la nécessité de mécanismes financiers capables de couvrir des risques sur plusieurs décennies.
Il a appelé à transformer les réflexions internationales sur le financement du nucléaire en dispositifs permettant aux États africains d’accéder concrètement aux ressources nécessaires.
Le Togo entend aussi renforcer le dialogue continental sur cette question à travers le Nuclear Energy Innovation Summit for Africa (NEISA). Après la deuxième édition organisée en 2026 à Kigali, au Rwanda, Lomé accueillera la troisième édition du forum du 1er au 3 juin 2027.
Selon Faure Gnassingbé, ce rendez-vous doit permettre de poursuivre les discussions sur la préparation institutionnelle, la réglementation, la formation, les capacités industrielles et le financement des projets nucléaires africains.
À Londres, le Togo a également annoncé son adhésion à la Déclaration visant à tripler la capacité nucléaire mondiale d’ici 2050, lancée lors de la COP28. Cette décision traduit la volonté de Lomé de participer aux efforts internationaux en faveur de la sécurité énergétique et de la lutte contre le changement climatique, dans le respect des exigences de sûreté, de sécurité et d’utilisation pacifique du nucléaire.
La participation togolaise au Symposium mondial du nucléaire s’inscrit ainsi dans une stratégie visant à positionner le pays dans les discussions sur l’avenir énergétique de l’Afrique. Avec NEISA 2027, Lomé souhaite poursuivre les échanges sur les investissements, l’innovation et les partenariats nécessaires au développement du secteur nucléaire sur le continent.



