Plus d’un mois après la déclaration officielle de l’épidémie, la République démocratique du Congo continue de faire face à une progression inquiétante du virus Ebola. Selon les dernières données des autorités sanitaires congolaises, 304 décès et 1.115 cas confirmés ont été enregistrés à la date du 26 juin 2026.
Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola recensée dans l’histoire du pays. Depuis un demi-siècle, cette maladie a causé la mort de plus de 15.000 personnes sur le continent africain.
L’épicentre de la crise sanitaire demeure la province de l’Ituri, dans le nord-est du pays, où se concentrent plus de 91 % des cas recensés et plus de 82 % des décès. La ville de Bunia est particulièrement touchée. Les importants mouvements de populations dans cette région frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud favorisent la propagation du virus, tandis que l’insécurité persistante liée aux groupes armés complique les opérations de riposte.
Les autorités sanitaires et plusieurs organisations humanitaires estiment par ailleurs que les chiffres officiels pourraient être inférieurs à la réalité, certaines zones demeurant difficiles d’accès pour les équipes médicales.
L’épidémie s’est déjà étendue à deux autres provinces congolaises ainsi qu’à l’Ouganda voisin, où vingt cas, dont deux décès, ont été signalés.
La situation suscite une inquiétude supplémentaire en raison de la souche Bundibugyo à l’origine de cette flambée épidémique, pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n’est actuellement disponible. Des essais cliniques devraient toutefois débuter dans les prochains jours sous la supervision de l’Organisation mondiale de la santé.
Un premier cas lié à cette épidémie a également été détecté en France. Il concerne un médecin congolais ayant travaillé durant un mois dans la région de l’Ituri avant de rejoindre Paris via Kinshasa. Présentant des symptômes avant son embarquement, il s’est signalé de lui-même aux services médicaux dès son arrivée à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.
Cinq personnes ayant été en contact avec le patient, dont un membre du personnel navigant, ont été placées sous surveillance sanitaire. Les autorités françaises et l’OMS assurent néanmoins que le risque de propagation en Europe demeure faible.
Face à l’évolution de la situation, les autorités congolaises ont renforcé les mesures de contrôle sanitaire. Toute personne en provenance des zones affectées doit désormais observer une période de surveillance de 21 jours avant tout déplacement à l’intérieur du pays ou à l’étranger.
Sur le terrain, les structures sanitaires restent sous forte pression. Les centres de traitement Ebola soutenus par l’OMS et plusieurs organisations humanitaires affichent déjà un taux d’occupation supérieur à 85 %, tandis que les besoins en équipements médicaux et en personnel continuent d’augmenter.


