Première session ordinaire du Sénat du Bénin : pour Talon l’objectif est de contribuer à réduire les rivalités stériles, les heurts et les violences politiques susceptibles de compromettre la continuité et l’efficacité de l’action publique

Le président du Sénat du Bénin, Patrice Talon, officiellement ouvert la première session ordinaire de la nouvelle institution parlementaire, au cours d’une cérémonie marquée par un discours consacré à la stabilité politique, à la préservation de la démocratie et aux prérogatives de la seconde chambre du Parlement béninois. Face aux autorités institutionnelles, aux membres du gouvernement, aux parlementaires et aux représentants du corps diplomatique, il a défendu le rôle du Sénat dans l’apaisement de la vie politique et la continuité de l’action publique.

D’entrée, le président du Sénat a salué la présence des personnalités invitées et félicité les 25 sénateurs pour leurs parcours et les responsabilités qu’ils ont exercées au service du pays. Selon lui, leur expérience constitue un atout pour l’accomplissement de leur nouvelle mission au sein de cette institution.

Dans son intervention, il a présenté la création du Sénat comme une étape importante de l’évolution institutionnelle du Bénin. Il a estimé que cette chambre traduit la volonté de construire une nation capable de préserver ses diversités dans la concorde et la convivialité.

Le président du Sénat a également défendu les réformes politiques et administratives engagées au Bénin. À ses yeux, les progrès enregistrés ne s’expliquent pas nécessairement par une plus grande compétence des dirigeants actuels par rapport à leurs prédécesseurs, mais par les réformes qui ont instauré un nouvel environnement politico-administratif. Il a insisté sur la stabilité politique et la sérénité des responsables publics, qu’il considère comme des conditions essentielles à l’efficacité durable des politiques publiques.

S’adressant particulièrement aux sénateurs, il les a appelés à assumer leur responsabilité de pionniers de cette nouvelle institution. Leur mission, a-t-il souligné, consiste notamment à contribuer à la régulation de la vie politique, à protéger la démocratie et à veiller au respect de la souveraineté populaire.

Pour justifier la possibilité d’organiser la démocratie selon les réalités propres à chaque pays, le président du Sénat a cité les États-Unis, l’Allemagne et la Suisse. Il a notamment évoqué les différences entre leurs systèmes électoraux et les mécanismes de consultation populaire. À travers ces exemples, il a soutenu que les modalités d’organisation de la démocratie peuvent varier d’un pays à l’autre, pourvu que les dirigeants soient issus de la volonté populaire exprimée dans un cadre défini.

Au Bénin, il a présenté le Sénat comme une institution d’apaisement de la scène politique. L’objectif, selon lui, est de contribuer à réduire les rivalités stériles, les heurts et les violences politiques susceptibles de compromettre la continuité et l’efficacité de l’action publique.

Quatre grandes missions ont été exposées. La première consiste à veiller à ce que les lois, y compris les révisions constitutionnelles, ne portent pas atteinte aux libertés fondamentales, à la démocratie, à la cohésion sociale et à la stabilité politique. À cet effet, certaines catégories de textes, notamment les lois électorales, les lois relatives aux partis politiques et les lois à caractère politique, sont soumises à la non-objection du Sénat avant leur promulgation.

La deuxième mission concerne l’arbitrage en cas de désaccord persistant entre le président de la République et l’Assemblée nationale sur le contenu d’une loi. La troisième permet au Sénat de formuler des observations sur les textes adoptés par l’Assemblée nationale, en demandant, si nécessaire, une seconde lecture, à l’exception de certaines catégories de lois. Enfin, la quatrième mission porte sur la veille des mœurs et des valeurs politiques, avec la possibilité de relever les dérapages, de rappeler les auteurs à l’ordre et de les sanctionner si nécessaire.

En clôture de son allocution, le président du Sénat a formulé des vœux de paix, de prospérité et d’efficacité pour le Bénin et ses institutions. Il a également souhaité longue vie et bonne santé aux sénateurs afin qu’ils puissent mener à bien leur mission, avant de déclarer ouverte la première session ordinaire de la seconde chambre du Parlement.

Shares: