Burkina Faso : « la démocratie qui tue, nous n’en voulons pas… », Ibrahim Traoré

Le président du Faso, Ibrahim Traoré, assume les critiques qui le présentent comme « antidémocrate ». Dans une interview diffusée dimanche, il a rejeté cette qualification et défendu l’existence d’une conception africaine de la démocratie, distincte du modèle qu’il considère comme importé sur le continent.

« Antidémocrate ou pas démocrate, en tout cas, l’Afrique a sa démocratie. Elle est enracinée », a déclaré le chef de l’État burkinabè.

Pour Ibrahim Traoré, l’Afrique dispose d’une longue tradition d’organisation sociale et politique. Il a notamment évoqué l’Afrique de l’Ouest et les anciennes chartes qu’il présente comme des références en matière de démocratie et de droits humains.

Interrogé sur son opposition à la démocratie telle qu’elle aurait été « importée » en Afrique, le président burkinabè a été catégorique. « Si c’est ça, la définition du mot démocratie, je n’en veux pas. Mais nous, nous avons notre démocratie ici », a-t-il affirmé.

Ibrahim Traoré a ensuite établi un lien entre le modèle démocratique occidental et plusieurs conflits majeurs de l’histoire contemporaine. Il a cité les Première et Seconde Guerres mondiales ainsi que des conflits en Afrique et au Moyen-Orient pour contester l’idée selon laquelle les démocraties seraient nécessairement associées à la paix.

« On part tuer des innocents pour imposer une démocratie. Nous, nous ne voulons pas de ça », a-t-il déclaré.

Le président du Faso revendique ainsi une rupture avec ce qu’il considère comme un système politique extérieur. Il affirme que le Burkina Faso est engagé dans une « révolution » et entend construire son propre système.

« Nous allons créer notre système », a-t-il affirmé, avant de conclure : « Cette démocratie qui tue, nous n’en voulons pas. »

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