Le président du Faso, Ibrahim Traoré, annonce une refonte du système politique burkinabè. Dans une interview diffusée dimanche, il a indiqué qu’une nouvelle Constitution devait définir les contours de cette réorganisation, avec l’objectif affiché de rompre avec certaines pratiques de la vie politique.
« Il y aura une nouvelle Constitution. On va réorganiser totalement », a déclaré le chef de l’État. Il estime toutefois qu’un changement des institutions doit s’accompagner d’une transformation des pratiques politiques.
Ibrahim Traoré dit vouloir mettre fin à ce qu’il appelle « l’esprit politique politicien ». Il critique notamment les acteurs qui, selon lui, privilégient les discours et les affrontements politiques au détriment du travail et de l’action publique.
Le président burkinabè remet également en cause le fonctionnement du système d’alternance politique. Il estime que les changements de majorité peuvent conduire à une remise en cause des projets engagés par les gouvernements précédents et empêcher, selon lui, une continuité dans la conduite des politiques publiques.
Pour illustrer son propos, il évoque les infrastructures et les projets de développement. Selon lui, un gouvernement doit pouvoir inscrire son action dans une vision de long terme, au-delà de la durée d’un mandat électoral.
« L’État doit être une continuité, parce que le peuple, c’est une continuité », a-t-il déclaré. Ibrahim Traoré défend ainsi l’idée d’une vision nationale qui puisse s’étendre sur plusieurs générations.
Le chef de l’État burkinabè a également évoqué ce qu’il appelle « l’État profond » dans plusieurs grandes puissances. Il cite notamment la Russie, la Chine et l’Iran, qu’il présente comme des pays disposant d’une vision stratégique de long terme.
Il a aussi fait référence aux monarchies européennes, estimant que leur existence permettrait, selon lui, de maintenir certaines orientations nationales au-delà des changements de gouvernements.
À travers cette vision, Ibrahim Traoré souhaite donc un système dans lequel l’État conserve une continuité stratégique, même en cas de changement des dirigeants. Il rejette, dans ce cadre, ce qu’il considère comme des affrontements politiques permanents entre pouvoir et opposition.
« Nous allons nous réorganiser. Nous allons avoir une nouvelle Constitution et tout sera clair dedans », a-t-il affirmé.
Les modalités de cette future réorganisation institutionnelle n’ont toutefois pas été détaillées au cours de l’entretien.



