Le gouvernement nigérien a adopté jeudi 10 septembre 2026 un projet de décret qui fixe les conditions d’exercice des correspondants de presse étrangers et les modalités d’accréditation des médias étrangers présents au Niger.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par l’évolution des flux d’information, la transformation numérique des médias et les nouveaux enjeux liés à la désinformation, à la manipulation de l’information et à la souveraineté informationnelle.
Selon le gouvernement, la liberté de la presse reste garantie par la législation nigérienne. Son exercice doit toutefois respecter les lois, les exigences de sécurité nationale, l’ordre public et les intérêts fondamentaux de l’État.
Le texte vise notamment à combler l’absence de réglementation spécifique sur l’accréditation des correspondants de presse étrangers. Il doit définir leurs droits et obligations ainsi que les conditions dans lesquelles les médias étrangers peuvent exercer leurs activités sur le territoire nigérien.
Le projet prévoit une procédure d’accréditation présentée comme transparente et objective. Il doit également préciser les conditions de délivrance, de renouvellement et de retrait des accréditations, ainsi que les différentes catégories de journalistes concernés.
Des cartes professionnelles spécifiques sont également prévues pour les correspondants de presse étrangère et les journalistes étrangers de passage au Niger.
L’Observatoire national de la communication (ONC), chargé de la régulation des médias dans le pays, devra participer à la mise en œuvre du dispositif. Son avis motivé devra notamment intervenir dans la procédure d’accréditation. L’ONC sera également chargé de délivrer les cartes correspondantes.
Le gouvernement prévoit par ailleurs d’identifier les médias étrangers qui exercent au Niger et d’assurer une meilleure traçabilité de leurs activités.
À travers ce dispositif, les autorités nigériennes veulent renforcer la responsabilité professionnelle des représentants des médias étrangers tout en encadrant leur activité dans un cadre juridique. L’objectif affiché consiste à concilier la liberté d’informer avec les exigences de transparence, de responsabilité éditoriale, de sécurité juridique et de maintien de l’ordre public.



