Le Tribunal populaire de Hô Chi Minh-Ville a ouvert, lundi 17 août 2026, le procès de 227 personnes poursuivies dans le cadre d’une vaste affaire de trafic de stupéfiants liée au vol VN10. L’enquête avait débuté en mars 2023 après la découverte de drogues dans les bagages de quatre hôtesses de l’air à l’aéroport international de Tân Son Nhât.
En raison du nombre élevé d’accusés, le procès se déroule selon un dispositif hybride. Une partie des audiences se tient au Tribunal populaire de Hô Chi Minh-Ville, tandis qu’un second site a été installé au centre de détention de Chi Hoa (T30), sous la responsabilité de la police municipale.
Les débats sont prévus du 17 août au 12 septembre. Plus de 120 avocats ont été mobilisés pour assurer la défense des personnes poursuivies. Dix-huit autres personnes disposent du statut de personnes ayant des droits et obligations liés à l’affaire et ont été convoquées devant la justice.
Selon l’acte d’accusation, les 227 accusés font face à des poursuites pour huit catégories d’infractions. Parmi elles figurent le transport et le trafic illégal de stupéfiants, l’organisation de la consommation illicite de drogues, la détention illégale de stupéfiants, l’utilisation de faux documents, la non-dénonciation d’infraction, la dissimulation de crime et la détention illégale de biens.
Quatre personnes en fuite font aussi l’objet de mandats de recherche. La justice prévoit leur jugement par contumace, conformément à la législation vietnamienne.
Plus de 11 kg de stupéfiants découverts dans des tubes de dentifrice
L’affaire remonte au 16 mars 2023. Ce jour-là, les services des douanes de l’aéroport de Tân Son Nhât ont découvert des produits suspects dans les bagages de quatre hôtesses de l’air qui revenaient de France à bord du vol VN10.
Les contrôleurs ont découvert 327 tubes de dentifrice de différentes marques. Les analyses ont révélé que 157 d’entre eux contenaient près de 2,97 kg de kétamine et 8,31 kg de MDMA, soit plus de 11 kg de stupéfiants au total.
Le dossier a ensuite été transmis à la police de Hô Chi Minh-Ville. Les enquêteurs ont lancé une opération baptisée VN10 afin de remonter la filière et d’identifier l’ensemble des personnes impliquées.
Les investigations ont permis de découvrir que le réseau avait organisé au moins six autres acheminements de drogues de synthèse entre la France et le Vietnam. Les produits étaient dissimulés dans des tubes de dentifrice ainsi que dans des boîtes de compléments alimentaires avant leur transport par avion.
Selon l’accusation, Ha Danh Nâm, également connu sous le nom de Huu Son, aurait joué un rôle central dans l’organisation de ces opérations.
Une fois arrivées au Vietnam, les drogues étaient regroupées auprès de Hoang Sy Thang, domicilié dans la province de Dông Nai. Celui-ci aurait ensuite organisé leur répartition et leur acheminement vers plusieurs points de distribution à Hô Chi Minh-Ville et dans la province de Binh Duong.
Des personnalités parmi les accusés
L’enquête élargie a permis d’identifier plusieurs ramifications du réseau. Les investigations ont notamment porté sur des personnes impliquées dans le transport, la réception, la vente, la détention ou encore l’organisation de la consommation de stupéfiants.
Parmi les accusés figurent le chanteur vietnamien Nguyên Trung Hiêu, connu sous le nom de scène Chi Dân, ainsi que le mannequin et actrice espagnole Andrea Aybar Carmona, connue sous le nom d’An Tây.
Tous deux sont poursuivis pour organisation de la consommation illicite de stupéfiants et détention illégale de stupéfiants.
Les quatre hôtesses de l’air non poursuivies
Les quatre hôtesses de l’air dont les bagages avaient permis la découverte de la drogue ne figurent pas parmi les accusés.
Selon les conclusions de l’enquête, elles avaient accepté de transporter les colis contre rémunération sans savoir qu’ils contenaient des stupéfiants. Les autorités ont aussi établi qu’elles n’avaient aucun lien avec les organisateurs du réseau.
Faute d’éléments permettant de retenir leur implication consciente dans le trafic, aucune poursuite pénale n’a été engagée contre elles. Elles ont été remises en liberté.
Les autorités vietnamiennes considèrent l’affaire VN10 comme l’un des dossiers majeurs de trafic de stupéfiants traités par la justice. Le réseau aurait utilisé des méthodes élaborées, une organisation précise des rôles, des plateformes numériques et des moyens de paiement électroniques pour mener ses activités.
Au premier jour du procès, le tribunal a effectué les formalités judiciaires, procédé à la lecture de l’acte d’accusation et ouvert la phase des interrogatoires.


