Le gouvernement français doit présenter jeudi 1er octobre son projet de budget pour 2027. Le texte prévoit un effort budgétaire de 54 milliards d’euros, dont 45 milliards correspondent à de nouvelles mesures. L’exécutif veut ramener le déficit public à 5 % du PIB en 2027, contre 5,4 % attendu en 2026.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté le futur budget comme un « budget de redressement ». Il a aussi indiqué que plusieurs mesures pourraient être révisées par la prochaine majorité issue de l’élection présidentielle du printemps 2027.
Le gouvernement assure ne pas vouloir procéder à une hausse généralisée des impôts. Toutefois, le taux des prélèvements obligatoires devrait atteindre 44,2 % du PIB en 2027, contre 43,9 % en 2026. Bercy attribue cette évolution à la lutte contre la fraude fiscale et à la réduction de certaines niches, avec un milliard d’euros de recettes supplémentaires attendu de la lutte contre la fraude.
Sur les dépenses, l’État prévoit de geler son budget global. Les crédits supplémentaires accordés à plusieurs secteurs, dont les Armées, la Justice, l’Intérieur, le Logement, la Recherche et l’Écologie, devront être compensés par des économies dans d’autres domaines. Le ministère du Travail devra notamment réaliser 2,5 milliards d’euros d’économies.
Les opérateurs et agences de l’État verront aussi leurs moyens diminuer. Le point d’indice des fonctionnaires restera gelé, avec une économie annoncée de 2 milliards d’euros. Le gouvernement prévoit également de ne pas revaloriser les aides personnalisées au logement et la prime d’activité en fonction de l’inflation.
Les collectivités territoriales devront, elles aussi, participer à l’effort. Selon Jean-François Debat, président du Comité des finances locales, leur contribution atteindra 5,4 milliards d’euros. Elle comprendra notamment une contribution progressive de 2,5 milliards et une réduction d’environ 2 milliards du fonds de compensation pour la TVA.
Les retraités sont également concernés par le projet. Le gouvernement veut réaliser 5,5 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de retraite afin de réduire le déficit de la Sécurité sociale, avec un objectif de 12 à 13 milliards d’euros en 2027.
Sur ces économies, 4,1 milliards d’euros devraient provenir d’une désindexation ou d’une sous-indexation des pensions supérieures à 1 260 euros. Le gouvernement prévoit aussi de réduire le plafond de l’abattement fiscal de 10 % accordé aux retraités, qui passerait de 4 439 à 3 000 euros.
Les grandes entreprises subiront une nouvelle contribution sur leurs bénéfices. Cette taxe exceptionnelle sera reconduite pour une troisième année, mais son montant sera réduit par rapport à 2026, année durant laquelle elle a rapporté 7,5 milliards d’euros. Le crédit d’impôt recherche et le pacte Dutreil ne seront toutefois pas concernés.
Le gouvernement compte également réaliser 2 milliards d’euros d’économies sur les arrêts maladie. L’exonération fiscale de certaines indemnités liées aux affections de longue durée, aux accidents du travail et aux maladies professionnelles fait partie des dispositifs examinés.
Les allègements de cotisations patronales pourraient aussi évoluer. Le gel décidé en 2026 serait prolongé et le gouvernement étudierait une limitation des exonérations. Selon Les Echos, cette modification pourrait rapporter entre 3 et 3,5 milliards d’euros supplémentaires.
Le projet prévoit par ailleurs 800 millions d’euros de recettes supplémentaires grâce à une hausse de la taxation des exploitants d’autoroutes et d’aéroports. Une taxe sur les produits sucrés est aussi envisagée dans le cadre de la lutte contre l’obésité.
Enfin, selon Les Echos, le gouvernement envisage de porter de 10 % à 20 % le taux de TVA appliqué à Canal+. Cette mesure suscite des inquiétudes dans le secteur du cinéma, qui bénéficie d’une part importante de ses financements du groupe audiovisuel.



