Iran : les États-Unis frappent plus de 80 cibles, Téhéran riposte contre des bases américaines

Les tensions militaires entre les États-Unis et l’Iran connaissent une nouvelle escalade. Washington a lancé une vaste série de frappes contre plus de 80 objectifs militaires iraniens en réponse aux attaques visant des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. En retour, les Gardiens de la révolution affirment avoir frappé plusieurs installations américaines au Koweït et à Bahreïn.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué avoir ciblé des systèmes de défense antiaérienne, des centres de commandement, des radars côtiers, des capacités de missiles antinavires ainsi que plus de 60 embarcations des Gardiens de la révolution opérant dans et autour du détroit d’Ormuz. Washington présente cette opération comme une réponse directe aux attaques iraniennes contre trois navires commerciaux.

Téhéran affirme avoir immédiatement réagi. Selon un communiqué des Gardiens de la révolution diffusé par la télévision d’État, une opération conjointe menée à l’aide de missiles et de drones a visé 85 installations militaires américaines stratégiques au Koweït et à Bahreïn. Les autorités iraniennes annoncent également la destruction d’un drone américain MQ-9.

Cette nouvelle confrontation intervient moins d’un mois après la signature, le 17 juin, d’un protocole d’accord censé mettre fin au conflit déclenché le 28 février par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran. Cet accord prévoyait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz et l’allègement des sanctions américaines sur le pétrole iranien.

Washington accuse désormais Téhéran d’avoir violé ce cessez-le-feu en attaquant des navires marchands. Le Centcom évoque une « série de frappes puissantes » en représailles, tandis que l’Iran dénonce une violation du protocole et promet de prendre « des mesures décisives » pour défendre sa sécurité nationale.

Les incidents dans le détroit d’Ormuz alimentent les inquiétudes de la communauté internationale. Trois navires ont été touchés en l’espace de 24 heures, selon l’agence britannique UKMTO. Le Qatar et l’Arabie saoudite imputent deux de ces attaques à l’Iran. Riyad condamne notamment le ciblage du pétrolier saoudien Wedyan et du méthanier qatari Al-Rakayyat, dénonçant une menace contre la sécurité énergétique mondiale. Doha a convoqué le chargé d’affaires iranien afin d’exiger des explications.

Dans ce contexte de forte instabilité, le marché pétrolier réagit immédiatement. Le prix du baril américain WTI progresse de plus de 2 %, les investisseurs redoutant des perturbations durables sur cette voie maritime par laquelle transite près d’un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

La crise se déroule également dans un climat de grande tension politique en Iran, où se poursuivent les funérailles nationales de six jours organisées en hommage au guide suprême Ali Khamenei, tué au début du conflit par des frappes israélo-américaines.

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