Le gouvernement burkinabè engage une refonte du système national des bourses d’études afin de mieux adapter les aides publiques aux priorités de développement du pays. Les nouvelles orientations ont été présentées ce mercredi 1er juillet 2026 à Ouagadougou par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation au cours d’une conférence de presse organisée à l’Immeuble de l’Éducation.
Cette réforme découle du nouveau décret adopté en Conseil des ministres le 25 juin dernier. Le texte remplace le dispositif en vigueur depuis 2021 et ambitionne de moderniser le financement des études supérieures ainsi que la gestion de la mobilité académique.
Parmi les principales nouveautés figure la création de treize catégories de bourses destinées à mieux répondre aux différents profils d’étudiants. Le nouveau mécanisme prévoit notamment une bourse patriotique ouverte aux contributions des citoyens, des entreprises et des organisations souhaitant soutenir la formation et la recherche. Une bourse d’inscription destinée à prendre en charge une partie ou la totalité des frais académiques des étudiants orientés par l’État fait également son apparition, tout comme une aide spécifique destinée aux étudiants en situation de précarité.
Les critères d’attribution connaissent également une évolution importante. Les filières considérées comme stratégiques pour le développement national seront désormais privilégiées, de même que la série du baccalauréat, le niveau d’études envisagé, les résultats académiques et l’âge du candidat. En revanche, le niveau de revenus des parents ne fera plus partie des éléments pris en compte dans l’évaluation des dossiers.
Le gouvernement entend aussi mieux encadrer les études à l’étranger. Désormais, tout Burkinabè souhaitant poursuivre une formation ou effectuer un stage hors du pays devra obtenir une autorisation préalable du ministère en charge de l’Enseignement supérieur, quelle que soit l’origine du financement. Les autorités expliquent cette mesure par la nécessité de protéger les étudiants contre les établissements non reconnus et les faux diplômes, tout en améliorant le suivi des parcours académiques à l’international.
Les bénéficiaires de bourses devront également respecter de nouvelles obligations. L’engagement à servir l’État après la fin des études est porté de dix à quinze ans. Les étudiants seront en outre tenus de renouveler chaque année l’activation de leur bourse à travers la fourniture des documents administratifs exigés.
Afin de simplifier les démarches, le ministère prévoit la mise en place prochaine d’une plateforme numérique sécurisée destinée au dépôt et au traitement des demandes liées aux études à l’étranger. Cet outil devra également permettre aux autorités de disposer d’une meilleure visibilité sur les compétences formées hors du territoire national.



