Le président John Dramani Mahama a tenu des échanges bilatéraux de haut niveau avec la présidente de la République-Unie de Tanzanie, Samia Suluhu Hassan, au Palais d’État à Arusha. Les discussions ont porté sur le renforcement des relations entre le Ghana et la Tanzanie, ainsi que sur la coopération continentale et les enjeux internationaux urgents.
Face à la situation au Moyen-Orient, John Mahama a exprimé sa vive inquiétude devant l’escalade des tensions impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, ainsi que les ripostes qui touchent les États du Golfe. Il a rappelé le rôle central de cette région dans l’approvisionnement énergétique mondial et averti qu’une instabilité prolongée pourrait provoquer de lourdes conséquences économiques, surtout pour les économies africaines sensibles aux variations du prix du pétrole brut.
Les deux dirigeants ont salué les liens historiques entre leurs pays et rendu hommage au partenariat entre Kwame Nkrumah et Julius Nyerere. Ils ont convenu de relancer la coopération bilatérale structurée, notamment par l’accélération de la mise en place de la Commission mixte permanente de coopération. Les discussions ouvrent la voie à une future visite d’État destinée à formaliser plusieurs accords et protocoles d’entente.
Sur le plan économique, John Mahama a mis en avant les réformes engagées par le Ghana dans le secteur aurifère. Il a indiqué que les exportations d’or à petite échelle ont progressé de 63 à 104 tonnes métriques en neuf mois, pour une contribution d’environ 10 milliards de dollars à l’économie nationale. Il a insisté sur la souveraineté des ressources et la création de valeur locale. Le Ghana prévoit désormais de mobiliser des ressources internes pour acquérir au moins 400 000 tonnes métriques de cacao chaque année afin de soutenir la transformation locale.
Présent à Arusha comme invité spécial d’honneur du 20e anniversaire et de l’ouverture de l’année judiciaire 2026 de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, le président Mahama a qualifié l’institution de pilier continental. Il a invité les États membres qui ne l’ont pas encore fait à ratifier son protocole pour renforcer la justice et la protection des droits humains en Afrique.
Concernant la situation post-électorale en Tanzanie, il a félicité la présidente Hassan pour la création d’une commission d’enquête indépendante et pour le projet de commission de réconciliation. Selon lui, ces initiatives traduisent une maturité démocratique, favorisent la cohésion nationale et consolident la gouvernance multipartite.
En tant que champion de l’Union africaine pour les réparations, John Mahama a annoncé qu’une résolution reconnaissant la traite transatlantique des esclaves comme crime contre l’humanité sera soumise à l’Assemblée générale des Nations unies le 25 mars. Il a salué le soutien de principe de la Tanzanie à cette démarche.




