Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), dirigé par l’ex-président Laurent Gbagbo, réclame la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI). À six mois de la présidentielle, son bras stratégique, Koné Katinan, dénonce une institution partiale et appelle les partis politiques à s’unir pour exiger sa refonte.
« Nous devons remplacer cette CEI par une structure moins militante, si nous voulons préserver la paix sociale », a déclaré le président du Conseil stratégique du PPA-CI, au cours d’une tribune du parti tenue à Abidjan.
Le PPA-CI accuse la CEI d’avoir volontairement biaisé la phase du contentieux électoral. Selon Koné Katinan, la limitation du nombre de bureaux pour déposer les recours et l’exigence de certificats de décès dans un pays où seuls 21 % des décès sont déclarés constituent deux barrières majeures à la transparence.
Le parti s’appuie sur sa « Sentinelle anti-fraude électorale » pour remettre en cause la fiabilité du fichier électoral. Il dénonce la présence de plus de 6 millions d’électeurs présumés irréguliers, de 2 000 personnes âgées de plus de 160 ans, ainsi que d’enfants inscrits avant leurs parents.
Le PPA-CI considère la CEI comme une « quasi-délégation du RHDP », au service d’un supposé pacte anti-Gbagbo. L’exclusion de Laurent Gbagbo de la liste électorale, malgré sa grâce présidentielle, est vue comme une manœuvre politique illégale. Pour le PPA-CI, seule une amnistie lui permettrait de recouvrer ses droits civiques.
Le parti se dit prêt à engager un bras de fer avec le régime et appelle ses militants à se mobiliser à Dabou, les 11 et 12 avril, pour la « Fête de la renaissance ». Un rendez-vous présenté comme un signal de mobilisation face à ce qu’il qualifie de tentative de « hold-up électoral ».



