Renforcement des capacités en Afrique : l’ACBF mise sur le savoir et appelle à l’engagement des États

Réunis à Cotonou ce mercredi matin 28 octobre 2026, les responsables de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF) et des représentants des États membres ont insisté sur l’importance du savoir, de la formation et de la mobilisation des ressources pour renforcer les institutions africaines. Les échanges se sont déroulés à l’occasion de la 35ᵉ réunion annuelle du Conseil des gouverneurs de l’institution, qui ouvre une série d’activités consacrées au développement des capacités sur le continent.

Pour le ministre béninois de l’Économie et des Finances, Aristide Medenou le renforcement des capacités humaines et administratives constitue une condition essentielle à la mise en œuvre des politiques publiques. Les initiatives politiques, a-t-il souligné, ne peuvent produire les résultats attendus sans des administrations compétentes et des femmes et des hommes correctement formés.

Le ministre a également mis l’accent sur la valeur durable du savoir. « L’argent passe, mais le savoir reste », a-t-il rappelé en substance, pour souligner que les connaissances, malgré leur coût, peuvent être transmises d’une génération à l’autre. Il a, dans cette perspective, invité les acteurs concernés à soutenir l’ACBF et à contribuer à la réalisation de ses objectifs.

La présidence du Conseil d’administration a, pour sa part, présenté la réunion annuelle comme un cadre de reddition de comptes et d’orientation stratégique. Elle permet à l’institution de faire le point sur ses résultats, tandis que les gouverneurs définissent les grandes orientations et que le Conseil d’administration assure une mission de supervision.

Le rapport annuel 2025 de l’ACBF doit notamment rendre compte des actions menées en matière de leadership et de réformes, de planification nationale et de suivi des programmes, de commerce, de changement climatique et d’énergie productive. Les travaux portent également sur le dialogue continental autour de l’harmonisation des politiques fiscales et économiques, ainsi que sur le partage des connaissances et la mobilité des compétences.

Malgré l’élargissement de ses programmes, de ses partenariats et de sa visibilité, l’institution reste confrontée à des défis financiers. Selon les éléments présentés à la réunion, sa liquidité s’est stabilisée, mais son équilibre financier demeure fragile. La contribution des États membres reste donc déterminante pour assurer la continuité de ses activités. Le Conseil d’administration a aussi réfléchi aux moyens de mieux accompagner le Secrétariat, notamment par la mobilisation des compétences de ses membres, le développement de formations et la consolidation des partenariats.

Cette rencontre s’inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur les politiques publiques et la transformation économique du continent. Le dossier de presse de l’ACBF présente la 35ᵉ réunion annuelle du Conseil des gouverneurs comme un rendez-vous destiné à évaluer les progrès de la Fondation, à définir ses priorités et à examiner les réformes nécessaires à la résilience économique et à la réalisation des objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Cotonou accueille également, du 28 au 30 octobre 2026, la 12ᵉ édition du Sommet des think tanks d’Afrique (ATTS 2026), organisée par l’ACBF avec la Commission de l’Union africaine et le concours du gouvernement béninois, à travers le ministère de l’Économie et des Finances. Placé sous le thème « De l’accès à l’énergie à la transformation économique : des voies d’action publique concrètes pour la viabilité, la croissance et la réforme du secteur de l’électricité en Afrique », le sommet réunit plus de 300 institutions issues de plus de 50 pays, selon le dossier de presse.

Les échanges doivent notamment porter sur le financement du secteur de l’électricité, la réforme des compagnies électriques, l’industrialisation et l’intégration régionale. L’objectif est de dégager des pistes d’action pour faire de l’accès à une énergie fiable, abordable et financièrement viable un levier de création d’emplois, de croissance et de transformation économique.

Autre temps fort annoncé : le lancement du Rapport sur la compétitivité des exportations en Afrique 2025. Cette publication de référence de l’ACBF analyse les performances des exportations africaines et formule des recommandations destinées à renforcer leur compétitivité, à accroître la valeur ajoutée et à soutenir les investissements et le commerce intra-africain, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

A suivre !

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