La croissance économique de l’Afrique s’est légèrement redressée en 2024, passant de 3,0 % à 3,3 %, portée par la consommation privée et les dépenses publiques, selon le rapport 2025 de la Banque africaine de développement (BAD). Mais l’institution prévient : la reprise reste fragile, freinée par l’inflation persistante, le surendettement, la dépréciation des monnaies locales et les conflits régionaux.
La BAD pointe également les tensions commerciales, notamment entre les États-Unis et la Chine, qui menacent les échanges africains. L’instauration de nouveaux droits de douane américains (10 % en moyenne) pourrait affaiblir les flux vers les États-Unis, partenaire clé de l’Afrique.
Prévisions en demi-teinte
La croissance continentale devrait atteindre 3,9 % en 2025 et 4,0 % en 2026, des taux revus à la baisse en raison du ralentissement de l’économie mondiale. Malgré cela, 21 pays africains devraient enregistrer une croissance supérieure à 5 %, et certains comme l’Éthiopie, le Rwanda, le Niger ou le Sénégal pourraient franchir les 7 %, seuil considéré comme nécessaire pour réduire efficacement la pauvreté.
Le PIB réel par habitant reste modeste : de 0,9 % en 2024, il pourrait atteindre 1,5 % en 2025, contre plus de 3 % en Asie.
Dynamiques régionales contrastées
- Afrique de l’Est : la plus dynamique du continent, avec une croissance attendue de 5,9 % en 2025. L’Éthiopie, l’Ouganda et la Tanzanie tirent la région grâce aux investissements dans les infrastructures, l’agriculture et le commerce régional.
- Afrique de l’Ouest : croissance prévue à 4,3 %. Le Sénégal, le Niger, le Mali ou encore la Côte d’Ivoire maintiennent le cap, contrairement au Nigeria, dont les perspectives s’assombrissent (3,2 %).
- Afrique du Nord : légère reprise attendue à 3,6 %, malgré des baisses de revenus d’exportation pour l’Égypte et la Libye.
- Afrique centrale : ralentissement à 3,2 %, affectée par le conflit en RDC et le recul de la production pétrolière.
- Afrique australe : en queue de peloton, avec une croissance estimée à 2,2 % en 2025. L’Afrique du Sud stagne à 0,8 %, malgré quelques exceptions comme la Zambie et le Zimbabwe.
L’appel de la BAD
Pour la Banque africaine de développement, la priorité reste le renforcement de la résilience macroéconomique, la diversification des économies et une meilleure mobilisation des ressources intérieures. L’Afrique devrait continuer à croître plus vite que la moyenne mondiale, sauf l’Asie émergente, mais cette croissance ne sera durable qu’à condition d’être inclusive, stable et mieux répartie.



