Après plus de deux décennies de chantier, le Grand Egyptian Museum (GEM), situé aux abords du plateau de Gizeh, accueille ses premiers visiteurs ce lundi 7 juillet 2025. Ce projet emblématique, lancé en 2002, a mobilisé plus de 1,2 milliard de dollars et couvre près de 480 000 m², faisant de lui le plus grand musée archéologique du monde.
Le président Abdel Fattah al-Sissi a inauguré le site en saluant « un joyau culturel de l’Afrique et du monde arabe ». Le musée regroupe plus de 100 000 pièces, dont plusieurs jamais exposées. Parmi elles, la collection intégrale de Toutânkhamon, réunie pour la première fois depuis sa découverte en 1922 : sarcophages, bijoux, chars funéraires et objets du quotidien sont mis en scène à travers un parcours immersif.
Le complexe comprend également des galeries ultramodernes, un centre de conservation, un auditorium, des jardins archéobotaniques et un espace éducatif. Longtemps retardée par le Printemps arabe, la pandémie de Covid-19 et des contraintes budgétaires, l’ouverture du GEM intervient dans un contexte de relance touristique. L’Égypte a accueilli plus de 13 millions de visiteurs étrangers en 2024, un record post-Covid.
Financé en partie par le Japon, via l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), et soutenu par l’UNESCO et plusieurs musées européens, le projet ambitionne d’atteindre 5 millions de visiteurs annuels d’ici 2028. Il s’inscrit dans une stratégie de soft power culturel, face à la concurrence croissante de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis dans la diplomatie du patrimoine.
Le GEM incarne ainsi la volonté du Caire de faire de l’héritage millénaire égyptien un levier d’influence internationale et de développement économique durable.



