Le pasteur autoproclamé Paul Mackenzie a été condamné, vendredi 6 novembre 2026, à 200 ans de prison pour son rôle dans la mort de 190 enfants et d’un adulte au Kenya. Le chef d’une secte évangélique apocalyptique avait poussé ses fidèles à jeûner jusqu’à la mort, dans l’espoir de rencontrer Jésus.
La condamnation a été prononcée par la Haute Cour de Mombasa, près de trois ans après la découverte de centaines de corps dans la forêt de Shakahola, dans l’arrière-pays de Malindi, au sud du Kenya. Cette affaire, connue sous le nom de « massacre de la forêt de Shakahola », a profondément marqué le pays.
Le mois dernier, Paul Mackenzie et 28 coaccusés avaient été reconnus coupables des meurtres de 191 personnes, entre janvier 2021 et septembre 2023. La juge Diana Kavedza Mochache a prononcé contre le principal accusé une peine de 100 ans pour chacune des 183 victimes mortes de faim et une peine équivalente pour les huit autres victimes tuées par homicide direct. Les peines doivent être purgées simultanément, ce qui porte la durée totale de sa condamnation à 200 ans de prison.
Les autres accusés ont également écopé de lourdes sanctions. Vingt-six ont été condamnés à des peines comprises entre 100 et 160 ans d’emprisonnement, tandis que deux autres ont reçu dix ans de prison. La défense a annoncé son intention de faire appel.
Une secte organisée autour du jeûne mortel
Selon les témoignages recueillis au procès, Paul Mackenzie avait instauré une organisation qu’un témoin a décrite comme une « hiérarchie de la mort ». Les enfants devaient jeûner en premier, suivis des adolescents, des femmes et enfin des hommes.
Le mouvement rejetait l’enseignement scolaire, présenté comme satanique, ainsi que la médecine moderne et les hôpitaux, considérés comme des instruments du diable. Les fidèles étaient incités à se retirer de la société et à vivre dans un ranch de 325 hectares situé dans la forêt de Shakahola.
Le parquet avait réclamé la peine capitale contre le gourou. Bien que la peine de mort soit prévue par la législation kényane, aucune exécution n’a eu lieu dans le pays depuis 1987.
Paul Mackenzie reste également visé par d’autres procédures judiciaires pour des accusations distinctes d’homicide involontaire et de terrorisme.




