La Haute Autorité de santé recommande que quatre traitements contre les caries soient remboursés afin de réduire le nombre encore élevé de Français souffrant de soins dentaires insuffisants. L’avis a été formulé à la demande de l’Assurance maladie, qui souhaitait évaluer l’intérêt d’une prise en charge élargie.
Les traitements concernés sont l’élimination manuelle de la carie, l’application d’un matériau de scellement, la dévitalisation partielle d’une dent et la pose d’une couronne préfabriquée sur les dents de lait. La HAS souligne que ces actes peuvent préserver durablement la dent quand ils sont réalisés à temps.
L’autorité sanitaire rappelle que 30 % des enfants de six ans présentent au moins une carie non traitée, un taux pouvant atteindre 50 % dans les zones défavorisées. Chez les adultes de 35 à 44 ans, un quart des personnes souffrent d’une lésion non soignée. L’accès aux soins reste inégal selon l’âge, la situation sociale ou le territoire.
Les caries non traitées provoquent des douleurs, des infections locales et des complications chez les personnes atteintes de maladies chroniques. La perte de dents peut aussi entraîner des carences nutritionnelles et des difficultés sociales. Les enfants, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées dépendantes ou les femmes enceintes figurent parmi les plus vulnérables.
La HAS se prononce en faveur du remboursement des traitements peu invasifs, notamment l’élimination manuelle de la carie suivie de la pose d’un matériau adhésif, le scellement d’une carie débutante ou le retrait partiel de la pulpe accompagné d’un biomatériau régénérant. Elle recommande aussi la prise en charge d’une couronne préfabriquée adaptable sur une dent de lait.
Cette orientation s’inscrit dans une dynamique de prévention croissante. L’objectif est de traiter les caries dès leur apparition, de préserver au maximum les dents naturelles et de limiter, à long terme, les interventions plus lourdes telles que les prothèses ou implants.



