Moyen-Orient : les Bourses européennes jouent la prudence, Wall Street portée par l’IA

Les marchés boursiers mondiaux ont terminé sans direction claire le 1er juin, l’Europe se montrant prudente face à l’absence d’avancées au Moyen-Orient, alors que Wall Street a tiré parti de la vigueur des valeurs de l’intelligence artificielle (IA).

 

Wall Street a tiré parti de la vigueur des valeurs de l’intelligence artificielle (IA), le 1er juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

Donald Trump a assuré le 1er juin qu’Israël ainsi que le Hezbollah lui avaient promis l’apaisement au Liban et affirmé par ailleurs que les négociations continuaient bel et bien avec Téhéran, « à un rythme rapide ».

Une affirmation qui contredit celle de l’agence de presse iranienne Tasnim, selon laquelle Téhéran a rompu le dialogue indirect avec Washington, notamment à cause de l’offensive israélienne au Liban.

Ce flou géopolitique a fait rebondir les prix de l’or noir : le prix du baril de Brent de la mer du Nord a gagné 4,24% à 94,98 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a progressé de 5,49% à 92,16 dollars.

Les effets se sont fait plus fortement sentir en Europe, où la tendance s’est renversée après une partie de la séance passée dans le vert. « Cela a complètement inversé le marché », résume Stanislas de Bailliencourt, gérant d’actifs pour le compte de la société Sycomore.

« L’Europe est la zone sensible » qui subit « la plus grosse corrélation à l’évolution des matières premières », ajoute-t-il.

L’indice des 50 plus grosses capitalisations européennes Euro Stoxx 50 a reculé de 0,26%, traduisant le repli de Paris (-0,45%), Francfort (-0,40%) et Milan (-0,52%).

À l’inverse, la Bourse de New York a terminé le 1er juin sur un triple record, pour la quatrième séance d’affilée, l’engouement autour des valeurs de l’intelligence artificielle éclipsant l’absence d’avancées géopolitique.

Le Dow Jones a gagné 0,09% à 51.078,88 points, le Nasdaq a avancé de 0,42% à 27.086,81 points et le S&P 500 a progressé de 0,26% à 7.599,96 points.

Malgré les pressions inflationnistes liées à la guerre, « les investisseurs ne semblent pas se lasser » de la hausse actuelle du marché américain, remarque Christopher Low, de FHN Financial.

À New York, la tech en fête

À Wall Street, les investisseurs ont une nouvelle fois lundi jeté leur dévolu sur les valeurs de la tech.

Le dernier coup d’accélérateur a été donné par l’annonce par Nvidia d’un nouveau processeur pour ordinateurs portables fonctionnant sous Windows pour moderniser les appareils à l’ère de l’IA.

Le géant des puces, et première capitalisation mondiale, a gagné 6,26% à 224,36 dollars tandis que Microsoft s’est octroyé 2,28% à 460,52 dollars.

Dans leur sillage, les fabricants d’ordinateurs Dell (+10,74%) et HP (+3,34%) ont terminé en nette hausse. D’autres grands noms du secteur technologique ont aussi profité de cet optimisme, comme Oracle (+9,87%) ou Micron (6,56%).

En revanche, les concurrents de Nvidia sur le segment des CPU, ces processeurs centraux qui font office de « cerveau » pour les ordinateurs, ont été à la peine.

Intel, dont l’hégémonie sur cette technologie se voit ainsi contestée, a perdu 4,67%. Qualcomm a chuté de 8,78% et AMD, de 1,16%.

Les taux d’emprunts remontent

La hausse du pétrole nourrit en Europe une boucle de rétro-actions négatives : inflation, resserrement monétaire quasi annoncé par la Banque centrale européenne (BCE) pour mi-juin, ralentissement de l’activité…

En attendant, le taux de l’emprunt allemand à 10 ans (Bund), considéré comme le plus solide de la zone euro, est remonté à près de 3%, contre près de 2,94% le 29 mai à la clôture.

Le rendement de l’emprunt français à dix ans s’établissait à 3,62%, contre près de 3,55% le 29 mai au soir.

Aux États-Unis, l’échéance à dix ans évoluait autour de 4,45% vers 20h45 GMT, contre 4,43% la veille en clôture.

AFP/VNA/CVN

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