CPI : le PPA-CI éclaire l’appel de Gbagbo sur les crises ivoiriennes

 

 

Katinan Koné, cadre du PPA-CI et proche de Laurent Gbagbo, a expliqué l’initiative de l’ancien président ivoirien visant à porter devant la Cour pénale internationale la vérité sur les crises ayant secoué la Côte d’Ivoire de 1999 au quatrième mandat d’Alassane Ouattara. Il s’exprimait à Abidjan dans le cadre d’un échange avec la presse consacré au thème « Vérité, justice, réparation et réconciliation ».

Selon lui, l’appel de Laurent Gbagbo s’appuie sur une lettre à la nation soulignant que plusieurs chantiers essentiels restent en souffrance, notamment la situation des prisonniers d’opinion et la clarification des épisodes violents qui ont traversé le pays depuis la fin des années 1990. Il a rappelé une série d’événements qui ont marqué deux décennies de turbulences : l’élection contestée de 2000, la tentative de coup d’État de janvier 2001, la rébellion de 2002-2010, la crise postélectorale de 2011 et les massacres perpétrés dans l’Ouest.

L’ancien chef d’État conteste également la décision du Conseil constitutionnel qui avait validé la victoire d’Alassane Ouattara en 2010 malgré les accusations de fraudes et de violences. Il réclame que justice soit rendue aux victimes de toutes les périodes de crise.

Le conflit postélectoral de 2011 a laissé un lourd bilan humain : la Commission d’enquête fait état de plusieurs milliers de morts, dont 3 248 recensés. Human Rights Watch avait dénoncé en avril 2011 des exactions commises par des forces loyales au président élu, affirmant que des centaines de civils avaient été tués dans l’Ouest.

Laurent Gbagbo a été transféré à la Cour pénale internationale en novembre 2011, puis rejoint par Charles Blé Goudé. Tous deux ont été acquittés en janvier 2019, un verdict confirmé en appel en mars 2021, malgré leur maintien sous conditions durant plusieurs années.

Katinan Koné a enfin pointé l’absence de poursuites équivalentes dans le camp Ouattara, rapportant que seul Amadé Ourémi a été jugé et condamné à la prison à perpétuité par le Tribunal criminel d’Abidjan pour des crimes commis à Duékoué en 2011.

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