Le président de la République du Bénin, Patrice Talon, a lancé un appel fort au président élu, Romuald Wadagni, à poursuivre et parfaire l’action engagée en faveur de la réunification des confessions religieuses, notamment celle de l’Église du christianisme céleste (ECC). Il s’exprimait ce jeudi matin trente avril à Cotonou, à l’occasion de la cérémonie officielle de remise du rapport d’activités du CST.
Dans une adresse à tonalité spirituelle et républicaine, le chef de l’État a insisté sur l’exigence de perfection dans l’action publique. « C’est vous et moi qui, ici même, allons le prier de porter notre ambition, notre engagement, notre vœu, le plus loin possible pour la perfection de notre action », a-t-il déclaré, soulignant que, sans être Dieu, les responsables publics ont le devoir de tendre vers l’excellence.
Patrice Talon a rappelé que l’œuvre engagée depuis plusieurs années est proche de son aboutissement, mais nécessite une continuité rigoureuse. Il a ainsi mis en avant la responsabilité du futur président de maintenir le cap et d’achever les réformes entreprises.
Abordant la question du rôle de l’État, le président béninois a tenu à clarifier sa vision de la laïcité. Il a affirmé que, tout en étant laïque, le Bénin reconnaît et protège la foi de ses citoyens, qu’il considère comme un facteur essentiel de bien-être. Selon lui, « on ne peut pas être un homme accompli quand l’esprit ne va pas bien », justifiant ainsi l’implication de l’État dans la promotion de la cohésion au sein des communautés religieuses.
Le chef de l’État est également revenu sur les efforts de médiation engagés depuis 2016 pour mettre fin aux divisions religieuses. Plusieurs confessions ont bénéficié de ces démarches, notamment l’Église protestante méthodiste, les instances dirigeantes de la communauté musulmane et d’autres groupes religieux. Il a souligné que ces initiatives ont permis de rétablir le dialogue et de rassembler des communautés autrefois fragmentées.
S’agissant de l’Église du christianisme céleste, Patrice Talon a reconnu la complexité du processus de réunification, tout en saluant les avancées enregistrées. Il a exprimé sa foi en une issue favorable, évoquant la nécessité de voir cette Église continuer de rayonner, tant pour la gloire de Dieu que pour l’héritage du prophète fondateur.
En présence de Romuald Wadagni, ce message apparaît comme un passage de témoin sur un chantier sensible, au croisement du politique et du spirituel. Il met en lumière la volonté des autorités béninoises de consolider l’unité nationale à travers la stabilité des communautés religieuses.
À quelques semaines de son investiture, le président élu est ainsi interpellé sur la nécessité de poursuivre cette dynamique, dans un pays où la foi reste un pilier du vivre-ensemble et de la cohésion sociale.



