Le président américain, Donald Trump, a affiché lundi 2 novembre 2026 un ton plus conciliant à l’égard de l’Iran. Alors que les tensions militaires restent vives entre Washington et Téhéran, il a estimé qu’un accord pour mettre fin au conflit « pourrait arriver ». Cette déclaration intervient à la veille des élections de mi-mandat aux États-Unis.
Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a affirmé que l’Iran souhaitait parvenir rapidement à un accord. Il a également associé cette perspective à la baisse des cours du pétrole sur les marchés internationaux.
Ce changement de ton contraste avec ses déclarations du week-end. Le président américain avait alors menacé de frapper durement l’Iran et évoqué la possibilité de viser certains de ses sites nucléaires. De son côté, le vice-président J.D. Vance a déclaré que l’administration américaine se montrait plutôt optimiste quant à l’issue des discussions, sans toutefois avancer de calendrier.
Le détroit d’Ormuz au cœur des négociations
Les discussions diplomatiques se poursuivent par l’intermédiaire du Qatar et du Pakistan. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a confirmé l’intensification des consultations. Selon lui, les échanges portent notamment sur les moyens d’éviter une reprise des hostilités.
Au centre des négociations figure le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le transport mondial du pétrole. L’Iran s’est dit prêt à accélérer sa réouverture, avec un délai ramené à deux jours contre sept dans une précédente proposition.
Téhéran pose toutefois plusieurs conditions. Il réclame notamment un cessez-le-feu sur l’ensemble des fronts régionaux, le dégel de ses avoirs détenus à l’étranger, la levée des sanctions visant son secteur pétrolier et la fin du blocus naval américain contre ses ports. Les autorités iraniennes demandent également à Washington d’accepter un nouvel itinéraire de navigation convenu avec Oman.
Ces exigences restent éloignées des positions américaines. En septembre dernier, Donald Trump avait déjà rejeté une proposition iranienne de réouverture du détroit en sept jours.
Les marchés pétroliers réagissent aux signaux diplomatiques
Les déclarations des dirigeants américains et iraniens ont contribué à détendre les marchés. Le baril de Brent, référence internationale, a reculé de 7,64 % lundi pour s’établir à 104,77 dollars. Son prix reste toutefois supérieur à son niveau d’environ 70 dollars enregistré avant le déclenchement de la guerre.
Le conflit a commencé le 28 février 2026 avec des frappes israélo-américaines contre l’Iran. Depuis, Téhéran entrave le passage dans le détroit d’Ormuz et des navires ont été pris pour cible. Dimanche, un bâtiment a notamment été touché par un projectile non identifié à l’entrée de cette voie maritime, selon l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO.
Par ailleurs, le Wall Street Journal a rapporté que les États-Unis auraient mené lundi des frappes limitées contre l’île iranienne de Qeshm, située dans le détroit d’Ormuz. Cette information n’est pas confirmée dans les déclarations officielles rapportées par l’article.
Malgré les signaux diplomatiques, une reprise des opérations militaires ne peut être totalement écartée. Donald Trump a toutefois répondu par la négative à un journaliste qui lui demandait s’il comptait relancer les frappes après les élections américaines du 3 novembre.
Certains analystes estiment enfin que cette ouverture diplomatique pourrait aussi répondre à des considérations politiques internes. La guerre et la hausse des prix des carburants pèsent sur le climat politique américain à la veille d’un scrutin important pour le président.



