Le gouvernement belge traverse une nouvelle zone de turbulences politiques. Le Premier ministre Bart De Wever a présenté sa démission au roi Philippe, ce lundi 2 novembre 2026, après l’incapacité des cinq partis de sa coalition à trouver un compromis sur le budget de l’année 2027. Le souverain n’a toutefois pas encore tranché et compte consulter les responsables des formations politiques de la majorité.
La crise porte principalement sur la recherche de solutions pour combler un déficit budgétaire estimé à 10 milliards d’euros. Depuis plusieurs semaines, les discussions entre les partenaires de la coalition sont au point mort. Les principales divergences opposent Vooruit, le parti socialiste flamand, au Mouvement réformateur (MR), formation francophone de centre droit.
Selon la chaîne publique VRT, Bart De Wever a passé plus d’une heure et demie au Palais royal de Bruxelles avec le roi Philippe avant de lui remettre sa démission. Dans un communiqué publié sur le réseau social X, le Palais a annoncé que le monarque réservait sa décision et engagerait, dès mardi, des consultations avec les présidents des partis de la majorité.
Le chef du gouvernement avait auparavant écarté la possibilité de commencer l’année 2027 avec un budget provisoire. Ce dispositif aurait pourtant permis à l’exécutif de poursuivre temporairement ses activités sur la base des dépenses autorisées pour l’année précédente.
Le roi Philippe face à un choix décisif
La Constitution belge donne au souverain plusieurs possibilités face à cette situation. Le roi peut accepter la démission du Premier ministre, ce qui conduirait le gouvernement à gérer les affaires courantes avec des compétences limitées, dans l’attente d’une nouvelle issue politique.
Il peut également refuser la démission ou différer sa décision afin de donner aux partenaires de la coalition une nouvelle occasion de trouver un compromis.
Ce nouvel épisode rappelle les tensions budgétaires de la fin de l’année 2025. À cette période, le gouvernement belge devait déjà identifier près de 10 milliards d’euros d’économies. Bart De Wever avait alors sollicité un délai supplémentaire de 50 jours auprès du roi, plutôt que de quitter ses fonctions.
Les négociations avaient finalement abouti le 24 novembre 2025 à un accord prévoyant 9,2 milliards d’euros d’économies.
Un an plus tard, les mêmes difficultés budgétaires replongent la coalition dans l’incertitude. Les consultations annoncées par le Palais royal pourraient donc être déterminantes pour l’avenir du gouvernement de Bart De Wever.


