Israël : Nétanyahou et Eisenkot revendiquent la possibilité de former un gouvernement sans majorité claire

Les élections législatives israéliennes débouchent sur une situation incertaine. Le Premier ministre sortant, Benyamin Nétanyahou, et son rival centriste, Gadi Eisenkot, se sont tous deux déclarés prêts à former un gouvernement, alors que les premières estimations les placent à égalité avec 51 sièges chacun sur les 120 que compte le Parlement.

Selon les sondages de sortie des urnes, le Likoud de Nétanyahou obtiendrait 27 sièges, contre 32 lors de la précédente législature. Le parti Yashar, dirigé par Eisenkot, se retrouve au cœur des négociations pour tenter de constituer une coalition. Aucun des deux camps n’atteint le seuil de 61 sièges nécessaire pour disposer d’une majorité parlementaire.

Gadi Eisenkot a interprété ces premières estimations comme un rejet du pouvoir en place et a promis de tout mettre en œuvre pour former un gouvernement. De son côté, Nétanyahou a appelé à l’unité de la droite et du camp sioniste, sans revendiquer de victoire.

Autre fait marquant du scrutin : la progression des deux listes arabes israéliennes, Raam et la Liste unifiée. Elles pourraient obtenir ensemble entre 18 et 19 sièges, contre 10 dans le Parlement sortant, et jouer un rôle déterminant dans les négociations. Toutefois, Nétanyahou a exclu la formation d’un gouvernement reposant sur les partis arabes. Eisenkot a également indiqué qu’il n’envisageait pas cette option.

La formation d’une coalition s’annonce donc difficile. Le camp d’Eisenkot pourrait devoir envisager un gouvernement minoritaire ou revoir sa position sur les alliances, tandis que les partis entament des négociations susceptibles de durer plusieurs semaines. En cas d’échec, de nouvelles élections pourraient être organisées.

La sécurité nationale a également occupé une place importante dans les discours. Nétanyahou a évoqué une « opportunité historique » de contrer la menace iranienne avec le soutien du président américain Donald Trump. Eisenkot l’a, pour sa part, mis en garde contre toute instrumentalisation politique des questions de sécurité.

Avec un taux de participation annoncé à 77,7 %, le plus élevé depuis 1999 selon les données rapportées, ce scrutin illustre les divisions politiques du pays, dans un contexte marqué par les conséquences des attaques du 7 octobre 2023, la guerre à Gaza et les tensions en Cisjordanie occupée.

Les résultats officiels doivent être publiés progressivement par la Commission électorale. D’ici là, l’issue des négociations déterminera lequel des deux camps pourra tenter de réunir une majorité parlementaire.

Shares: