Burkina Faso : « la CPI est un instrument de l’impérialisme », dénonce le Président Ibrahim Traoré

Le président du Faso, Ibrahim Traoré, a sèchement critiqué la Cour pénale internationale (CPI) et défendu le retrait du Burkina Faso du Statut de Rome. Au cours d’un entretien avec la presse diffusé dimanche 27 septembre 2026, le chef de l’État burkinabè a contesté l’impartialité de la juridiction internationale.

« La CPI, c’est un organe de l’impérialisme », a déclaré Ibrahim Traoré. Selon lui, la Cour applique une justice qu’il juge déséquilibrée, notamment au regard du nombre de responsables africains poursuivis depuis sa création.

Pour étayer son propos, le président burkinabè a cité la guerre en Irak, l’intervention militaire en Libye et la crise postélectorale ivoirienne de 2010-2011. Il s’est notamment interrogé sur les responsabilités liées aux violences en Côte d’Ivoire, après l’acquittement définitif de Laurent Gbagbo par la CPI.

Ibrahim Traoré a également reproché à la juridiction de ne pas avoir, selon lui, engagé des poursuites comparables contre des responsables occidentaux qu’il associe à certaines interventions militaires. « Depuis que ça existe, combien d’Africains ont été amenés à la CPI ? Et combien d’Occidentaux ont été amenés à la CPI ? », a-t-il demandé.

Le chef de l’État a ainsi défendu la décision du Burkina Faso, du Mali et du Niger de quitter le Statut de Rome. Les trois pays ont notifié leur retrait en juin 2026. L’Assemblée des États parties a regretté cette décision, tout en rappelant que le retrait n’efface pas les obligations nées durant la période où ces États étaient parties au Statut.

Pour Ibrahim Traoré, les pays de l’Alliance des États du Sahel doivent désormais privilégier leurs propres mécanismes judiciaires. « On a même les moyens de juger ceux qui ne respectent pas nos lois », a-t-il affirmé.

Le président burkinabè a toutefois évoqué la possibilité d’une évolution de la CPI. « Si elle se restructure, c’est ça. Si elle ne se restructure pas, c’est bon », a-t-il déclaré, avant d’affirmer que le temps permettrait de juger la pertinence de cette décision.

Ses propos interviennent alors que le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger suscite des réactions au sein du système de la CPI. L’Assemblée des États parties a appelé les trois pays à maintenir leur engagement envers le Statut de Rome et à poursuivre le dialogue sur leurs préoccupations.

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