France : le Code du travail autorise encore le vin et la bière sur le lieu de travail sous conditions

En France, le Code du travail interdit la consommation de boissons alcoolisées sur le lieu de travail, mais prévoit une exception pour le vin, la bière, le cidre et le poiré. Une disposition héritée d’une époque où ces boissons étaient considérées comme plus sûres que l’eau et faisaient partie des habitudes alimentaires des travailleurs.

L’article R4228-20 du Code du travail précise qu’aucune autre boisson alcoolisée n’est autorisée sur le lieu de travail. Les spiritueux restent donc interdits.

Selon l’historien Didier Nourrisson, spécialiste de l’histoire du vin, cette distinction remonte au XIXᵉ siècle. À cette époque, les boissons fermentées étaient perçues comme des produits favorables à la santé, contrairement à une eau souvent jugée impropre à la consommation. Le vin occupait alors une place importante dans l’alimentation des ouvriers, tandis que le cidre et la bière accompagnaient les repas dans plusieurs régions françaises.

Les alcools forts, en revanche, étaient associés aux violences et aux troubles de l’ordre public en raison de leur forte teneur en alcool.

Au fil du XXᵉ siècle, les politiques de santé publique et la prévention des risques professionnels ont progressivement changé le regard porté sur l’alcool au travail. Malgré cela, les exceptions prévues par le Code du travail sont toujours en vigueur.

Depuis une réforme adoptée en 2014, les employeurs peuvent toutefois interdire également le vin, la bière, le cidre et le poiré lorsque cette mesure est justifiée par la nature des activités exercées ou par des impératifs de sécurité. Cette interdiction concerne notamment les postes impliquant la conduite de véhicules, l’utilisation de machines ou toute activité présentant un risque particulier.

Le non-respect de la réglementation peut entraîner une amende pouvant atteindre 3 750 euros, appliquée pour chaque salarié concerné. Ainsi, si le droit français maintient une exception historique pour certaines boissons fermentées, la priorité reste aujourd’hui la protection de la santé et de la sécurité sur le lieu de travail.

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