Le journaliste béninois de Canal 3 TV, Eric Guedenon, a réagi à la suppression provisoire de la Commission électorale nationale autonome (CENA). Sur l’émission matinale Actu Matin, il a critiqué la décision des députés, tout en estimant que les arguments avancés pour justifier cette réforme ne sont pas convaincants.
Pour lui, la disparition de l’actuelle CENA constitue une décision difficile à comprendre, d’autant plus que l’institution avait été réformée quelques années auparavant pour devenir une structure permanente et professionnelle. « La mort de la CENA, si on pouvait seulement qualifier l’acte que les députés ont posé comme crime, ça va être le mot juste, mais je n’aurai pas le courage de le dire », a déclaré le journaliste, qui estime que le débat actuel repose sur une « fausse justification ».
Il rappelle que les parlementaires qui ont voté cette suppression sont, pour plusieurs d’entre eux, les mêmes acteurs qui avaient défendu la transformation de la CENA en une institution professionnalisée. Selon lui, cette réforme répondait justement à la volonté de disposer d’une structure capable d’organiser les élections de manière régulière et efficace.
« Nous sommes passés d’une CENA avec les comités ad hoc à une CENA institutionnalisée, professionnalisée », a-t-il rappelé, en soulignant que l’institution aurait, selon lui, accompli les missions qui lui étaient confiées.
Le journaliste s’interroge également sur la justification liée au personnel de la CENA. Pour lui, évoquer une reprise des agents par la fonction publique ne constitue pas une réponse suffisante. « Comme si, à la fonction publique, vous avez des places vides, des sièges vides, qui attendent véritablement ce personnel-là », a-t-il ironisé, parlant d’une « forme d’aberration ».
Pour Éric Guedenon, lorsqu’un instrument institutionnel perd son utilité aux yeux des acteurs politiques, des arguments sont souvent recherchés pour accompagner sa suppression. Il estime pourtant que les missions à confier à la CENA ne manquent pas.
À titre d’exemple, il évoque les élections professionnelles qui pourraient être organisées par la CENA. « Toutes les élections professionnelles de notre pays peuvent être redirigées vers la CENA, qui va les organiser de façon professionnelle », a-t-il proposé, estimant que l’existence d’une autorité électorale spécialisée représente un avantage.
Le journaliste rappelle également que la préparation d’une élection nécessite du temps et de l’anticipation. Pour lui, le délai de sept ans avant les prochaines élections générales, avancé comme argument dans le débat, ne doit pas être considéré comme une période longue. « Sept ans, c’est quoi ? On a vu dix ans passer rapidement », a-t-il déclaré.
Selon Éric Guedenon, la décision de mettre fin à l’actuelle CENA traduit davantage une évolution de la perception des responsables politiques sur l’utilité de l’institution qu’une réelle absence de missions à lui confier.



