Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé la communauté internationale à instaurer une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle (IA), estimant que l’avenir de cette technologie ne peut être laissé au hasard. Il s’est exprimé lundi 6 juillet à l’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, organisé à Genève.
Face à l’accélération du développement de l’IA, António Guterres a mis en garde contre des systèmes de plus en plus autonomes, capables d’écrire du code, d’agir en ligne et de prendre des décisions avec une supervision humaine limitée. Selon lui, les institutions actuelles ne sont pas préparées à encadrer cette évolution.
Le chef de l’ONU a identifié trois principaux défis : la rapidité des avancées technologiques, la concentration des capacités entre un nombre restreint d’entreprises et de pays, ainsi que la prolifération de contenus générés par l’IA susceptibles d’affaiblir la confiance dans l’information.
Il a proposé une gouvernance fondée sur la sécurité, le respect des droits humains, le renforcement des capacités des pays en développement et la transparence. Parmi les mesures envisagées figure un engagement international visant à mieux protéger les enfants face à l’IA, notamment en imposant des tests de sécurité avant le déploiement de systèmes qui leur sont destinés et en interdisant la création d’images à caractère sexuel impliquant des mineurs.
António Guterres a également annoncé son intention de soumettre à l’Assemblée générale de l’ONU un projet de Fonds mondial pour l’IA afin d’aider les pays en développement à réduire les inégalités technologiques et d’éviter que la fracture numérique ne devienne une fracture liée à l’intelligence artificielle.
Enfin, il a appelé les entreprises du secteur à publier l’empreinte environnementale de leurs systèmes et à alimenter leurs centres de données exclusivement avec des énergies renouvelables d’ici 2030. Il a aussi réclamé l’interdiction internationale des armes létales autonomes, qu’il a qualifiées de « moralement répugnantes » et de « politiquement inacceptables ».



