Andy Burnham a présenté lundi 29 juin son premier grand discours économique depuis l’annonce de la démission de Keir Starmer. Le candidat à la direction du Parti travailliste a dévoilé une stratégie centrée sur une transformation profonde de l’économie britannique et une forte décentralisation du pouvoir.
Ancien maire de Manchester, Andy Burnham apparaît comme le seul prétendant déclaré à la succession de Keir Starmer. Il pourrait accéder au poste de Premier ministre dès le 20 juillet si aucune autre candidature ne se confirme.
Lors de son intervention au People’s History Museum de Manchester, il a défendu un projet qualifié de « mission de dix ans ». Celui-ci vise à réorganiser l’économie britannique autour d’un transfert massif de compétences de Londres vers les régions.
Le cœur de sa proposition repose sur ce qu’il décrit comme le « plus grand rééquilibrage des pouvoirs » de l’histoire du Royaume-Uni. Il souhaite notamment la création d’un centre de décision à Manchester, baptisé « Numéro 10 Nord », destiné à redistribuer les ressources et les compétences à l’échelle du pays.
Andy Burnham estime que la croissance économique ne peut pas être imposée depuis le gouvernement central. Selon lui, elle doit être encouragée depuis les territoires. Son plan prévoit des investissements dans la réindustrialisation, la construction de logements sociaux et le développement des infrastructures. Il inclut également un contrôle renforcé sur certains services publics essentiels, notamment l’eau et l’énergie.
Les réactions politiques n’ont pas tardé. La cheffe de file des conservateurs, Kemi Badenoch, a critiqué une approche jugée insuffisamment structurée. Robert Jenrick, représentant de Reform UK, a pour sa part dénoncé une stratégie de long terme perçue comme un moyen de repousser les décisions urgentes.
Au sein du Parti travailliste, le discours a reçu un accueil plus favorable. L’ancien ministre de la Santé, Wes Streeting, a salué une initiative porteuse d’espoir, après avoir renoncé à briguer la direction du parti.
Du côté des milieux économiques, les réactions sont plus nuancées. La CBI a mis en garde contre un dispositif susceptible de freiner l’investissement privé. Les Chambres de commerce britanniques ont rappelé que la priorité reste la relance de la croissance dans un contexte économique fragile.
La composition du futur gouvernement reste incertaine. Plusieurs noms circulent pour le poste de ministre des Finances, dont celui du ministre de l’Énergie Ed Miliband, souvent critiqué pour ses positions jugées peu favorables aux entreprises, ainsi que ceux de Shabana Mahmood et Wes Streeting.



