Keiko Fujimori a été officiellement désignée présidente du Pérou à l’issue d’un scrutin particulièrement serré, marqué par un écart minime entre les deux candidats. Elle obtient 50,13 % des suffrages, contre 49,86 % pour son adversaire de gauche Roberto Sánchez, soit environ 50 000 voix d’écart sur près de 18 millions de votants.
L’autorité électorale a confirmé son élection trois semaines après le second tour. Cette victoire met fin à trois campagnes présidentielles perdues en 2011, 2016 et 2021, qui avaient longtemps laissé l’héritière du fujimorisme dans la position de finaliste malheureuse.
Figure centrale de la vie politique péruvienne depuis plus de deux décennies, Keiko Fujimori reste associée à l’héritage de son père, Alberto Fujimori, ancien président du pays dans les années 1990. Ce dernier demeure une personnalité profondément divisive au Pérou, entre reconnaissance pour sa lutte contre les groupes armés et critiques liées à sa condamnation pour corruption et violations des droits humains.
Diplômée en administration aux États-Unis et ancienne députée, la nouvelle cheffe de l’État a grandi dans l’environnement politique du pouvoir avant d’assumer très tôt un rôle public. Elle a notamment occupé les fonctions de première dame à 19 ans après le divorce de ses parents.
Son nom reste fortement associé au fujimorisme, courant politique qui continue de structurer une partie de la vie politique péruvienne. Cette influence lui assure un socle électoral solide, tout en suscitant une opposition marquée dans une autre partie de la population.
Pour ses partisans, Keiko Fujimori incarne la stabilité et l’ordre. Pour ses opposants, elle reste liée à une période de forte polarisation politique et d’instabilité institutionnelle.
La nouvelle présidente a axé sa campagne sur la lutte contre l’insécurité, devenue une préoccupation majeure dans le pays. Elle a défendu un discours ferme, affirmant vouloir restaurer l’autorité de l’État et renforcer la sécurité publique.
Elle a également mis en avant l’héritage sécuritaire de son père, en promettant une politique de fermeté contre la criminalité organisée.
Première campagne menée sans la présence de son père, décédé en 2024, elle a également cherché à adoucir son image après plusieurs années marquées par des controverses judiciaires, notamment une détention provisoire dans une affaire liée au scandale Odebrecht.
Reconnaissant certaines erreurs de parcours, Keiko Fujimori affirme désormais vouloir incarner une présidence plus apaisée, tout en restant fidèle à ses orientations politiques de droite.



