Le Burkina Faso affiche ses ambitions dans le transport aérien et la logistique régionale. Porté par la progression du trafic, la baisse du coût du carburant aéronautique et d’importants investissements dans les infrastructures, le pays entend se positionner comme un futur hub aérien en Afrique de l’Ouest et centrale.
Selon un rapport de la Société des Aéroports du Faso (SAFA), le trafic passagers à l’Aéroport international de Ouagadougou est passé de 494 710 voyageurs en 2016 à 750 188 en 2025, soit une hausse de plus de 51 % en moins de dix ans.
Les liaisons régionales représentent désormais plus de la moitié des passagers transportés, tandis que les voyageurs en transit constituent près de 30 % du trafic global, confirmant le potentiel du pays pour le développement d’une plateforme régionale de correspondance.
Le secteur du fret connaît également une dynamique encourageante. En 2025, les aéroports burkinabè ont traité plus de 8 680 tonnes de marchandises, avec un important potentiel de croissance pour les exportations de sésame, d’anacarde, de karité, de mangues ainsi que de produits horticoles et pharmaceutiques.
L’un des principaux atouts mis en avant par le rapport reste le coût compétitif du carburant aéronautique. Depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté du 30 avril 2026, le litre de Jet A1 est fixé à 655,92 FCFA pour la consommation intérieure, contre près de 1 300 FCFA en 2023, soit une baisse de plus de 53 %. Ce tarif est nettement inférieur à ceux pratiqués dans plusieurs pays voisins.
Pour soutenir cette ambition, les autorités misent sur un vaste programme d’investissements comprenant la modernisation des aéroports internationaux de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, la réhabilitation des aérodromes de Fada N’Gourma, Dori, Gaoua et Ouahigouya, ainsi que la création de zones économiques spéciales, de plateformes cargo et d’une académie dédiée aux métiers de l’aviation.
La combinaison de ces facteurs pourrait permettre au Burkina Faso de s’imposer progressivement comme l’un des principaux centres aéronautiques et logistiques de la sous-région, au service du commerce, des investissements et de l’intégration économique régionale.


