Tourisme, consommation locale, industries créatives, financement du développement local et équité dans l’accès à l’éducation. À l’occasion du Débat d’orientation budgétaire (DOB 2026), la députée Émilie TIBOUTÉ a livré une intervention dense, appelant les autorités et les parlementaires à promouvoir davantage le « Consommer local » et à faire du Bénin une destination touristique majeure. L’élue a également plaidé pour une prise en compte des garçons issus de familles vulnérables, aux côtés des mesures déjà engagées en faveur de la scolarisation des filles.
Hélène Sirleaf disait que la taille de vos rêves doit toujours dépasser votre capacité actuelle à les réaliser. Mes chers collègues, si vos rêves ne vous font pas peur, c’est qu’ils ne sont pas assez grands. Et Aliko Dangote disait qu’il faut rêver grand, sinon il ne faut pas rêver du tout. Il y a également une citation qui dit : « Visons la lune. Si nous n’arrivons pas à l’atteindre, au moins nous resterons parmi les étoiles. » Tout cela pour dire que ces documents ouvrent des perspectives positives et nous permettent d’espérer. Je voudrais, à la suite de mes prédécesseurs, me réjouir des mesures sociales qui ont été prises. L’une de nos grandes personnalités disait qu’« il n’y a de richesse que d’hommes ». Le capital humain est donc très important dans le processus de développement. En ce qui concerne plus particulièrement les mesures sociales, notamment la gratuité de la scolarisation des filles, que nous avons tous saluée, je voudrais tout de même attirer l’attention sur le fait que nous avons aussi des garçons. En voulant corriger un déséquilibre social observé pendant longtemps, il ne faudrait pas que nous tombions, dans les prochaines décennies, dans un autre déséquilibre, au point de voir émerger ce que certains appelleraient le masculinisme. Nous sommes autant les parents des filles que des garçons. Pour ceux d’entre nous qui ont fréquenté l’école publique, nous avons été témoins de situations où certains garçons, pourtant brillants, étaient renvoyés parce que leurs parents n’avaient pas pu payer les frais de scolarité. Je voudrais donc suggérer au gouvernement de penser également à ces situations, au cas par cas, afin que des intelligences pouvant contribuer au développement de notre pays ne soient pas sacrifiées. Je voudrais aussi, Monsieur le Président, si vous me le permettez, vous dire que vous êtes élégant, mais que vendredi dernier, vous étiez majestueux dans votre costume trois pièces. C’est cela aussi, le sens du consommer local. Et donc, en tant qu’ambassadrice du consommer local, je voudrais rappeler que l’offre touristique, c’est aussi l’art et la culture ; ce n’est pas seulement la faune et la flore. Moi, fièrement, avec mon ADN atakorien, je suis profondément attachée à cette culture. Et c’est elle qui contribuera à tirer le tourisme vers le haut, ce que ne me démentira certainement pas le ministre Abimbola, encore moins le gouverneur de la Pendjari. Cette culture et ces danses, moi, je les aime. Dans le document, il a été indiqué que le tourisme sera un levier de croissance et que le tourisme domestique sera particulièrement encouragé. Je voudrais dire aux autorités et aux cadres à divers niveaux que, dès les vacances, nous nous ruons souvent vers les aéroports pour partir vers l’Hexagone, alors même que nous pourrions soutenir nos entreprises, nos guides touristiques et promouvoir le consommer local. En allant, par exemple, visiter l’île aux Oiseaux, les Tata Somba ou encore en développant le tourisme agricole, nous pouvons créer de véritables circuits touristiques. Au Maroc, il existe le circuit de l’argan. Nous pouvons donc avoir le circuit de l’Agonlin ou encore celui de l’huile d’arachide. Il s’agit de faire en sorte que nous participions davantage au développement, car nous avons l’habitude de dire qu’une image vaut mieux que mille mots. Je me réjouirais également, Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, qu’à notre prochaine rentrée parlementaire, nous soyons fièrement habillés, comme je le suis aujourd’hui, grâce au travail de nos artisans. C’est ainsi que nous créons de la richesse et que cette richesse circule ici même pour impacter notre développement local. Je rêve également de voir nos montagnes, nos magnifiques paysages, devenir le cadre de coproductions cinématographiques. Je rêve donc de voir émerger un « Bollywood » béninois, à l’image d’Hollywood, afin que les industries créatives puissent véritablement contribuer au développement local et renforcer ainsi la territorialisation du développement. Je voudrais également suggérer qu’à ce titre, le Fonds d’investissement communal (FIC), dans le cadre de la stratégie de mobilisation interne des ressources, soit davantage structuré. Dans nos communes et dans nos départements, il existe de véritables richesses. Je peux vous l’affirmer pour avoir été actrice du marché financier régional. Nous pouvons bel et bien mobiliser des ressources complémentaires à celles provenant de l’État central afin de dynamiser et de stimuler l’économie locale. Enfin, il est important de disposer d’indicateurs SMART. Nous en avons besoin pour disposer d’un véritable tableau de bord afin de jouer pleinement notre rôle, qui est celui du contrôle de l’action gouvernementale. Concernant le secteur réel, nous aurons l’occasion d’en débattre davantage, car nous avons beaucoup de choses à dire sur les PME et bien d’autres sujets encore. Je voudrais donc suggérer une territorialisation des filières, des emplois et de la création de richesses. Je vous remercie, Monsieur le Président.
Transcription : KAWERU



