La condamnation d’une étudiante de l’université Paris 1 a ravivé les tensions autour des mobilisations pro-palestiniennes en France. Vendredi 5 juin 2026, plusieurs militants se sont rassemblés devant le tribunal judiciaire de Paris pour soutenir Téba, reconnue coupable de « provocation non publique à la discrimination, à la haine ou à la violence » et de harcèlement scolaire.
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’étudiante à quatre mois de prison avec sursis, une amende de 800 euros, plus de 8 000 euros de dommages et intérêts au profit des parties civiles ainsi qu’à un stage obligatoire au Mémorial de la Shoah.
L’affaire trouve son origine dans des échanges survenus dans un groupe Instagram étudiant créé à la rentrée universitaire 2025. Des étudiantes avaient été exclues du groupe après la publication d’un message évoquant des « sionistes » accompagné d’un drapeau palestinien. Au cours de l’audience, l’étudiante a rejeté toute motivation antisémite, affirmant avoir agi après avoir identifié des comptes qu’elle considérait comme favorables à des positions pro-israéliennes radicales.
Cette décision judiciaire a suscité une forte mobilisation d’organisations étudiantes et de collectifs engagés pour la cause palestinienne. Plusieurs militants dénoncent ce qu’ils considèrent comme une multiplication des poursuites visant des soutiens à la Palestine.
Des responsables associatifs présents devant le tribunal ont estimé que cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large marqué par une hausse des convocations policières, sanctions administratives et procédures judiciaires visant étudiants, syndicalistes et militants engagés sur la question palestinienne.
Les soutiens de l’étudiante affirment également que celle-ci a été victime de harcèlement en ligne après la diffusion de son identité et de sa photographie sur des réseaux sociaux. Selon les éléments évoqués au cours de l’audience, ces publications auraient entraîné des menaces de mort et une campagne de harcèlement à son encontre.
Cette affaire intervient dans un climat particulièrement sensible autour des mobilisations liées à la guerre à Gaza, alors que les autorités françaises assurent vouloir lutter contre les discours de haine et les actes antisémites, tandis que plusieurs organisations dénoncent une restriction croissante des espaces d’expression militante.



