Les autorités maliennes ont procédé à une vaste réorganisation du commandement militaire après les attaques coordonnées du 25 avril qui ont profondément marqué l’appareil sécuritaire du pays. Plusieurs nominations stratégiques ont été officialisées le 29 mai à travers une édition spéciale du Journal officiel.
Parmi les changements majeurs figure la nomination du général de brigade Makan Alassane Diarra à la tête de la Force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ancien responsable opérationnel au sein de l’état-major général des Armées, il succède au général Daouda Traoré dans un contexte de fortes pressions sécuritaires.
Cette réorganisation touche également l’état-major général. Le général de brigade Mamadou Massaoulé Samaké devient sous-chef d’état-major chargé des opérations tandis que le colonel-major Yacouba Sanogo hérite des fonctions de conseiller en stratégie auprès de l’état-major.
Sur le terrain, plusieurs commandements opérationnels changent aussi de mains. Le colonel-major Karim Traoré prend le contrôle du Théâtre Est, le colonel-major Didier Dembélé est désigné pour le Théâtre Sud et le colonel Issa Bagayoko reçoit la responsabilité du Théâtre Centre dans le cadre de l’opération Dougoukoloko.
Cette restructuration intervient quelques semaines après la mort de l’ancien ministre de la Défense, le général Sadio Camara, survenue dans un contexte d’attaques revendiquées conjointement par des groupes armés actifs dans le Sahel. À la suite de cet épisode, le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, a repris directement le portefeuille de la Défense.
À travers ces changements, Bamako cherche à renforcer sa capacité de réaction opérationnelle et à améliorer la coordination entre commandement national, opérations militaires et coopération sécuritaire régionale, alors que la situation sécuritaire demeure particulièrement fragile.


