L’émission « Sans détour » de Radio Sêdohoun de ce samedi deux mai 2026, a consacré sa seconde partie à la transformation industrielle au Bénin. Invité pour l’occasion, Paul Sèhouhoué, agronome et ancien conseiller municipal à Cotonou, a dressé un état des lieux et esquissé des perspectives. Le débat s’inscrit dans un contexte où le pays revendique une mutation économique portée par l’industrialisation, notamment dans le secteur agro-industriel.
D’entrée, l’invité situe l’industrialisation comme une réponse directe aux limites d’un modèle économique longtemps basé sur l’exportation de matières premières. Il rappelle que le Bénin, historiquement agricole, a souffert d’un manque de transformation locale. Pour lui, le tournant opéré ces dernières années repose sur une vision politique affirmée, incarnée par le Président Patrice Talon. Cette orientation consiste à produire, mais surtout à transformer sur place afin de créer de la valeur ajoutée, générer des emplois et renforcer les recettes nationales.
Paul Sèhouhoué insiste sur le rôle déterminant du courage politique dans ce processus. Il estime que les régimes précédents n’ont pas suffisamment fait de l’industrialisation une priorité stratégique. Selon lui, la volonté actuelle marque une rupture. Il évoque notamment les initiatives visant à structurer les filières agricoles, à encourager la transformation locale et à soutenir les producteurs.
L’invité met en avant des exemples concrets, notamment dans la filière soja. Il explique que les efforts d’organisation de la production et de transformation se heurtent parfois à des logiques concurrentielles désordonnées. Certains acteurs privilégient encore l’exportation brute au détriment de la transformation locale. Pour lui, cette situation fragilise les investissements industriels et appelle à une meilleure régulation.
Sur le plan économique, Paul Sèhouhoué défend l’idée que l’industrialisation permet de lutter contre le chômage. Il souligne que les unités de transformation créent des emplois pour les jeunes et maintiennent la richesse sur le territoire national. Il insiste également sur l’importance de la consommation locale et de la valorisation des produits béninois sur les marchés internationaux.
Abordant la gouvernance, il estime que des progrès notables ont été réalisés. Il cite l’amélioration du climat des affaires, la lutte contre la corruption et les réformes administratives comme des facteurs favorables à l’investissement. Il affirme que ces conditions attirent désormais des opérateurs économiques et renforcent l’attractivité du pays.
La question de la formation des compétences occupe une place centrale dans son analyse. Paul Sèhouhoué salue la création de lycées techniques et la promotion de la formation professionnelle. Selon lui, ces initiatives répondent aux besoins de l’industrialisation en fournissant une main-d’œuvre qualifiée capable d’accompagner le développement des industries locales.
Sur les politiques publiques, il insiste sur la nécessité d’une coordination entre les secteurs clés. Il appelle à renforcer le dialogue entre l’État et le secteur privé, à protéger les industries naissantes et à promouvoir les produits locaux à travers des mesures incitatives. Il estime que ces leviers sont indispensables pour consolider les acquis.
L’invité défend également une approche territoriale du développement industriel. Il préconise une spécialisation des régions en fonction de leurs potentialités agricoles et économiques. Cette régionalisation permettrait, selon lui, d’optimiser les ressources, de réduire les coûts logistiques et de dynamiser les économies locales.
Concernant les perspectives, Paul Sèhouhoué se montre optimiste. Il appelle à poursuivre les réformes engagées et à renforcer la dynamique actuelle. Il évoque la nécessité d’aller vers une industrialisation plus poussée, incluant à terme des industries lourdes. Il insiste sur la continuité des politiques publiques pour garantir des résultats durables.
Enfin, il lance un appel à l’ensemble des acteurs. Il invite les populations, les producteurs et les décideurs à accompagner les efforts du gouvernement. Pour lui, l’industrialisation représente une voie essentielle pour sortir durablement de la pauvreté et assurer le développement du Bénin.



