Bénin – Fête du travail : sur Radio Sêdohoun, ce vendredi, le numéro 1 de la CGTB appelle à réhabiliter le dialogue social

 

Le Secrétaire général de la Confédération Générale des Travailleurs du Bénin, Moudachirou Bachabi, a livré une lecture engagée du 1er mai. Il s’est exprimé ce vendredi sur les antennes de Radio Sêdohoun. Il situe cette journée comme un symbole d’affranchissement et de reconnaissance de la dignité du travailleur.

Selon lui, la fête du travail marque une rupture historique. Il rappelle que la main-d’œuvre a longtemps été perçue comme une simple marchandise. Les luttes sociales ont permis de lui restituer sa valeur humaine. Il insiste : le 1er mai célèbre à la fois le travail et le travailleur. Le travail libère l’homme. Il ne doit pas l’asservir. Le travailleur, lui, tire de son effort les moyens de sa subsistance et de sa dignité.

Moudachirou Bachabi met en avant la nature conflictuelle des relations de travail. Il explique que l’opposition entre détenteurs de capital et force de travail rend inévitable la tension autour du partage des richesses. Dans ce contexte, il estime que les travailleurs doivent agir pour rééquilibrer les rapports de force. L’objectif reste clair : garantir une répartition juste des fruits du travail.

Face aux critiques sur des revendications jugées excessives, il nuance. Il affirme que les besoins évoluent avec le temps. Les conditions de vie changent. De nouveaux besoins apparaissent. Dans ces conditions, les revendications sont légitimes. Toutefois, il appelle à les encadrer à travers un dialogue responsable, inclusif et orienté vers l’intérêt général.

Le patron de la CGTB redéfinit également le sens du 1er mai. Il refuse d’en faire une fête réservée aux seuls travailleurs. Il la présente comme une fête nationale qui interpelle tous les acteurs, y compris les gouvernants. Il y voit un moment d’auto-évaluation collective sur les politiques publiques et leur capacité à garantir un accès équitable aux ressources et aux opportunités.

Abordant la question des cahiers de doléances, il regrette leur caractère de plus en plus symbolique. Il parle d’un rituel devenu folklorique au fil du temps. Cependant, il n’en rejette pas le principe. Il appelle à le réinventer pour lui redonner sa portée initiale : un outil de prise de conscience et d’interpellation en faveur du mieux-être collectif.

Le dialogue social apparaît comme la clé de voûte de son intervention. Il le considère comme un moteur essentiel de progrès. Pour lui, échanger permet d’anticiper les conflits et de mieux les gérer. À l’inverse, l’absence de dialogue conduit à la loi du plus fort, qu’il juge dangereuse pour la cohésion sociale.

En guise de message aux autorités, Moudachirou Bachabi appelle à un changement de regard. Il invite les gouvernants à ne pas considérer les partenaires sociaux comme des adversaires. Il les exhorte plutôt à collaborer avec eux. L’enjeu reste la préservation de la paix sociale et la construction d’un climat apaisé au bénéfice de tous.

À travers cette sortie médiatique, la CGTB réaffirme sa ligne : défendre les droits des travailleurs tout en prônant un dialogue sincère pour accompagner les mutations sociales et économiques du Bénin.

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