La ministre marocaine de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a rejeté le « discours alarmiste » sur les retraites lors de son intervention devant la Chambre des conseillers, mardi 30 décembre 2025. Elle a insisté sur la nécessité de dépasser les postures politiques pour engager une réforme concertée, visant à assurer la soutenabilité des caisses sans dramatisation.
Le gouvernement mise sur un consensus avec les partenaires sociaux pour élaborer des solutions structurelles. La Commission nationale de réforme des systèmes de retraite, longtemps inactive, a été réactivée pour préparer des propositions concrètes. Selon la ministre, toute décision devra résulter d’un accord avec les syndicats, compte tenu de l’importance citoyenne du dossier, qui concerne près de cinq millions de Marocains. Les travaux de la commission technique se tiennent régulièrement, avec une transparence accrue grâce à la présentation de données chiffrées détaillées, caisse par caisse.
Malgré ces efforts, la dimension politique reste sensible. Certains parlementaires, comme Mbarek Sbai du groupe Haraki, critiquent le gouvernement pour un manque de vision claire et redoutent une réforme « choc » pouvant pénaliser certains affiliés. Ils appellent à préserver l’équilibre entre le secteur public et privé et à éviter que la crise du public ne retombe sur les salariés du privé.
L’exécutif entend ainsi combiner prudence, dialogue et méthode pour préparer une réforme durable et soutenable des régimes de retraite au Maroc.



