AFSF 2025 : le Coraf insiste sur l’autonomie semencière pour garantir la souveraineté alimentaire

 

Alors que l’Afrique de l’Ouest et du Centre importent presque toutes leurs semences horticoles et subissent les effets du changement climatique, le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (Coraf) a présenté sa stratégie pour renforcer la production locale de semences, en marge du Forum sur les systèmes alimentaires africains (AFSF 2025).

Selon le Directeur exécutif du Coraf, Dr Moumini Savadogo, « la semence est le premier maillon de toute chaîne de valeur agricole. Elle détermine jusqu’à 40 % du rendement. Sans maîtrise de ce levier, nous resterons dépendants et vulnérables ». Le Coraf coordonne le Comité régional des semences et plants de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel (CRESPAO), qui harmonise les réglementations et fluidifie la circulation des semences dans l’espace régional, afin de créer un marché intégré stimulant l’innovation agronomique.

Onze centres spécialisés, dont quatre reconnus comme centres d’excellence, développent des variétés adaptées aux réalités agro-climatiques locales. Ces centres couvrent toutes les filières stratégiques : céréales, tubercules, fruits, légumes, riz, blé, aquaculture et élevage, tout en intégrant des critères de résilience et de nutrition.

Le Dr Savadogo souligne la dépendance critique du secteur horticole aux semences importées et invite à transformer cette dépendance en opportunité d’investissement continental. Le Coraf collabore avec l’Organisation mondiale de recherche sur les légumes pour développer des capacités locales et promouvoir l’autonomie semencière.

Plusieurs obstacles persistent : une capacité limitée de production de semences de prébase, une faible visibilité sur la demande réelle et l’absence de systèmes d’information robustes pour guider les investissements et la planification. « Nous avons besoin d’un écosystème semencier complet, allant de la recherche à la distribution, avec certification et régulation, soutenu par des investissements ciblés et une mobilisation des acteurs privés », insiste Dr Savadogo.

Face au changement climatique, le Coraf intègre des outils de modélisation climatique pour anticiper les effets sur les rendements et développer des variétés « climato-intelligentes », capables de résister aux conditions extrêmes tout en maintenant une productivité élevée.

Enfin, le Coraf appelle à une responsabilisation accrue des États africains et à une meilleure structuration du financement régional, via des mécanismes mutualisés et des fonds souverains dédiés à l’innovation agricole. Selon Dr Savadogo, « transformer nos systèmes alimentaires, c’est aussi transformer nos capacités de recherche et d’innovation ».

 

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