L’armée libanaise dénonce de nouvelles violations israéliennes du cessez-le-feu et menace de cesser sa coopération avec les Nations unies. Israël a rejeté une proposition de l’armée libanaise visant à inspecter des sites situés dans la banlieue sud de Beyrouth afin de prévenir de nouvelles frappes aériennes. Face à cette attitude, l’armée libanaise a prévenu qu’elle pourrait suspendre sa collaboration avec le mécanisme onusien chargé de surveiller le respect du cessez-le-feu.
Dans un communiqué publié vendredi, l’armée libanaise a accusé Israël de poursuivre ses « agressions » contre le Liban. Elle a rappelé que ses tentatives de coordination, en lien avec le comité de surveillance, n’avaient pas permis d’éviter les attaques menées la veille. Des patrouilles avaient pourtant été envoyées pour inspecter plusieurs sites, mais les autorités israéliennes ont refusé cette initiative.
Jeudi soir, huit frappes aériennes israéliennes ont visé la banlieue sud de la capitale, après l’émission d’avertissements d’évacuation. Il s’agit de l’attaque la plus intense menée dans cette zone depuis l’accord de cessez-le-feu signé le 27 novembre 2024. Dans le même temps, des drones et avions israéliens ont aussi frappé la ville d’Aïn Qana, dans le sud du pays.
L’armée libanaise a condamné ces frappes et réaffirmé son attachement à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a établi le cessez-le-feu au terme de la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël. Ce texte prévoit notamment la fin des hostilités, le déploiement des Casques bleus de la FINUL et le renforcement de la présence de l’armée libanaise dans le sud.
Le commandement militaire libanais a dénoncé l’obstruction d’Israël aux missions d’inspection et aux efforts de surveillance, estimant que cette attitude fragilise le travail conjoint des forces libanaises et des Nations unies. L’armée a ajouté qu’elle pourrait être amenée à suspendre sa coopération avec le comité de surveillance.
Le conflit entre Israël et le Liban s’est intensifié après le déclenchement d’une vaste offensive israélienne le 8 octobre 2023, qui a dégénéré en guerre ouverte le 23 septembre 2024. D’après les chiffres officiels, cette guerre a déjà causé plus de 4 000 morts, 17 000 blessés et déplacé environ 1,4 million de personnes.
Malgré le cessez-le-feu signé en novembre dernier, les frappes israéliennes se poursuivent presque quotidiennement dans le sud du Liban, sous prétexte de cibler des positions du Hezbollah. Selon les autorités libanaises, Israël aurait violé l’accord près de 3 000 fois depuis son entrée en vigueur, causant au moins 208 morts et plus de 500 blessés.
Initialement, Israël devait retirer l’ensemble de ses troupes du sud du Liban d’ici au 26 janvier 2025, un délai prolongé jusqu’au 18 février après le refus de Tel-Aviv de s’y conformer. À ce jour, l’armée israélienne maintient encore des positions sur cinq postes situés à la frontière.



